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Bill deviendra grand

Premier roman

De : Rémy Mercy
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Premier roman, Bill deviendra grand trace le parcours d’un être à deux visages. L’un et prudent et raisonnable mais aussi avide de pouvoir. L’autre, plus spontané, tente toutes les expériences pour tester la société mais aussi se mettre à l’épreuve.

Le sujet

Bill rigoureux, travailleur et prudent est employé dans une société financière. Mais lorsque sa journée de travail est terminé, Bill devient Jules, quelqu’un de bien différent. Plus fantasque, il passe son temps à tester les limites des êtres qu’il côtoie ainsi que celles de la société. Il le fait comme un jeu, du moins au commencement. Lors d’une de ces expérimentations, Jules se fait passer pour un clochard et tente de pénétrer une confrérie de SDF qui campent dans le square, au pied de l’immeuble dans lequel Bill travaille. Il y fait la rencontre d’un vieux sage, qui pourrait tout aussi bien être un gourou, on en sait rien à ce stade du roman. Le vieille homme inspire la petite communauté et incite ses disciples à se dépasser, à repousser leurs propres limites. Ce discours fait immédiatement mouche auprès de Jules / Bill qui trouve un écho à sa propre quête dans les paroles du vieille homme. Une quête les emmènera loin.

Mon avis

Pour tout dire, je n’ai pas adoré même s’il y a une bonne partie du livre qui m’a intéressé : notamment la partie sur les retrouvailles des parents de Bill et le mystère de la lettre m’a accroché ; Cela donne un petit suspens qui manque un peu dans le reste du roman. Si je ne suis pas convaincue, ce n’est pas à cause du style qui n’est pas désagréable et qui offre quelques jolis passages. Mes réserves se concentrent en fait sur deux points :

D’abord le personnage m’est apparu assez antipathique et manipulateur des le début et j’ai finalement trouvé sa quête assez égoïste. Fatalement, cela m’a un peu éloigné de l’intrigue.

Ensuite, psychologiquement, le personnage manque un petit peu de charpente, et sa trajectoire n’est pas lisible. Sa double personnalité par exemple. J’ai eu l’impression qu’elle était présenté comme allant de soi. Bill a deux visages, bon. Voilà. C’est factuel. (J’exagère un peu mais…) De la même façon, tout ce qu’il l’amène au dénouement parait succinct. Du coup la fin est surprenante par rapport à l’idée qu’on se fait du personnage et de son état d ’esprit dans les quelques lignes ou pages qui précédent.

Ceci dit, c’est un livre assez particulier. J’en ai pas lu beaucoup des comme ça. Et je serais curieuse de connaitre l’avis d’autres personnes sur ce roman, parce que il y aura sans doute autant de façons de recevoir ce texte que de lecteurs.

Quelques lignes...

Le silence se fit. Eilert Steibert entra sur la scène et se dirigea vers le piano sous les applaudissements encourageants du public. Jeanne le suivit de près. Ils affichaient la plus grande concentration ; à peine firent-ils un léger signe de la tête pour saluer les spectateurs.

Une fois Steilert à son piano et Jeanne à son pupitre, le silence se fit à nouveau. Elle prit la parole, à la surprise générale : « Bonsoir, nous avons décidé, Eilert et moi-même, de modifier un peu le programme de la première partie. Au lieu du Concerto en La mineur, nous jouerons la Fantaisie en La mineur. En fait, il s’agit du premier mouvement du concerto, composé quelques années avant les deux autres mouvements ; il nous a semblé plus cohérent de donner à nouveau l’œuvre initiale comme un tout. »

Bill et François se lancèrent des regards entendus. Jeanne poursuivit :

« Enfin, grâce à la collaboration de la maîtrise du chœur de Radio France, nous avons aussi monté la Fantaisie pour piano, chœur et orchestre de Beethoven. Merci de votre compréhension pour ces petits changements. »

Bill regarda François. Il semblait aussi perplexe que lui. Pour une collaboration infructueuse, il y avait de quoi s’étonner : la Fantaisie de Beethoven... Et Jeanne ne les avait pas prévenus, ce qui signifiait que l’œuvre avait dû être ajoutée au dernier moment, peut-être même bien aujourd’hui !

Bill était en outre troublé d’avoir entendu Jeanne parler ainsi : un enchaînement de phrases claires et simples... Bien sûr, elle devait avoir préparé son discours, mais cela restait si étrange à ses oreilles à lui : sa Jeanne portait un masque, là, si près de lui. Il n’aimait pas cela. Il voulait la retrouver dans son authenticité. Peut-être quand elle dirigerait ?

La salle resta silencieuse comme pour marquer son approbation. Le concert pouvait débuter.

Jeanne et Steibert se regardèrent un moment. Une inclination de tête simultanée leur indiqua qu’ils étaient prêts. Jeanne se touna vers son orchestre. Elle brandit la baguette, le bras tendu, se figea quelques secondes. Le silence qui régnait déjà dans la salle se matérialisa. Il devint un vrai silence, marqué, voulu, intense.

Bill crut voir un léger rictus sur les lèvres de Jeanne, comme pour souligner le regard perçant qu’elle lançait à ses musiciens. Elle était revenue. Elle était là. Il savait ce qui allait suivre. Il inspira, bloqua sa respiration.

D’un geste aussi soudain qu’attendu, son bras se dirigea vers le bas avec la puissance qu’elle voulait transmettre à l’orchestre qui répondit par un accord de la mineur en tutti.

Le piano répéta l’accord, scindé, qu’il rejoua plusieurs fois, en transposant sur des octaves plus graves, au point que L’orchestre éprouva 1e besoin de conclure sur le niveau d’origine pour lancer le thème, lié et mélancolique. Voici, semblait-il dire, la raison de notre entrevue ; le piano reprit le thème, pour montrer sa compréhension, mais il ajouta une légère tension par les silences presque hésitants et les ornements interrogatifs.

À ce moment, Jeanne tourna sa tête vers Steibert. Bill ne vit pas l’expression qu’elle avait, mais le pianiste afficha un sourire complice. Et l’orchestre se lia au piano comme si chacun accompagnait l’autre, se soutenait. Parfois une partie semblait dominer l’autre, puis tout se renversait. Après s’être observés, le piano et l’orchestre ne pouvaient plus supporter leur séparation. Il leur fallait fusionner. Puis, le piano, dans un arpège .forte, annonce crescendo qu’il laisse la parole à l’orchestre qui lui dit quelque chose d’assez fort et de passionné pour qu’il calme à nouveau le jeu par un arpège descendant et decrescendo.

Il rappelle alors le thème, encore plus lentement, en insistant sur les variations. L’orchestre, toujours dans 1’émoi précédent, répond par ses bois, rapidement. Le piano accepte et ils se lancent dans un dialogue charmant. Ils parlent du passé, de 1’avenir, et il faut en convenir : ils évitent le présent.

Habituellement, j’achète ou j’emprunte les livres que je chronique. C’est la première fois qu’on m’en envoi un, comme ça, juste pour savoir ce que j’en pense. C’est plaisant, merci donc à Rémy Mercy pour cet envoi.

Le lundi 17 octobre 2011, par Angelina
Modification de l'article le : 13 février 2013.

Réactions

  • visiteurs

    Bill deviendra grand

    par Rémy Mercy - 17 novembre 2011 10-08

    Et merci beaucoup à vous pour ce retour !
    Je serais heureux d’en avoir d’autres, en effet !

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  • visiteurs

    Bill deviendra grand

    par Vonda - 9 mai 2012 01-48

    Salut, merci pour Votre website est tout simplement excellent. Il est non seulement très riche en informations, mais surtout très agréable. Chapeau !

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