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Dans l’abîme du temps

Lovecraft : "Le combat contre le temps est le seul véritable sujet de roman"

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Dans l’abîme du temps est une des grandes nouvelles de l’américain Howard Philipps Lovecraft. Elle relate trente années de la vie d’un professeur d’université, Mr Peaslee, qui se trouve brusquement atteint d’amnésie alors qu’il donne l’un de ses cours. Cette amnésie durera cinq années, pendant lesquelles Mr Peaslee aura un comportement étrange.

Construite comme une lettre confession de la main de monsieur Peaslee, Dans l’abîme du temps infuse dès les premières pages une atmosphère mystérieuse très réussie. Je me suis revue quinze ans plus tôt en train de lire L’étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Stevenson. Je ne sais pas trop pourquoi d’ailleurs, car il n’y a pas tellement de similitudes entre les deux textes. Peut être le style narratif s’en approche un peu tout de même. Peu importe, c’est parfaitement subjectif, un peu irrationnel et relève complétement d’une impression sensorielle. Mais c’est la force de H.P. Lovecraft, il parvient par une écriture raffinée à nous faire ressentir l’horreur des événements qu’il raconte, alors que nous ne sommes pas vraiment en mesure de les comprendre, et que ses personnages sont souvent au bord de la folie.

C’est un peu le cas pour Mr Peaslee qui doute de sa raison, et lorsqu’il sort enfin de son amnésie, il n’a de cesse de reconstituer les événements qu’il a raté durant durant ces cinq années de vacance. A posteriori, il apprend que sa femme a divorcé et que ces enfants ne veulent plus le voir (sauf un). Pendant son absence, Il semble qu’il ait passé son temps a faire peur à son entourage ; Son comportement inexplicable et inquiétant l’a beaucoup isolé, et seul ses médecins et son fils lui témoignent encore de l’intérêt.

Par ailleurs Peaslee fait des cauchemars qui le projettent dans des époques anciennes, bien avant le règne de l’homme. A cette époque la Terre est habitée par des être coniques et doté de tentacules. Dans ces rêves, Peaslee voit des villes et une architecture pré-humaine qu’il s’empresse de décrire au réveil. Dans l’espoir de trouver de l’aide face au désordre psychologique dont il souffre, Peaslee publie les notes qu’il a prise à partir de ses rêves Quelques mois plus tard, un chercheur le contacte pour lui parler d’une étrange découverte dans le désert australien. Des ruines ont été découvertes dans le centre de l’Australie et elle ressemble beaucoup aux descriptions faites par Peaslee de ses rêves...

... le cauchemar commence.

Quelques lignes...

Plus tard, cette année-là, je passai des semaines seul, au delà des limites de toute exploration passée ou ultérieure, dans l’immense réseau des cavernes calcaires de Virginie-Occidentale – labyrinthes ténébreux et si complexes qu’on n’a jamais pu seulement envisager de reconstituer mon parcours.

Mes séjours dans les universités furent marqués par une rapidité d’assimilation prodigieuse, comme si la personnalité seconde possédait une intelligence considérablement supérieure à la mienne. J’ai découvert aussi que mon rythme de lecture et d’étude solitaire était phénoménal. Il me suffisait de parcourir un livre, juste le temps de tourner les pages, pour en retenir tous les détails, tandis que mon habileté à interpréter en un instant des figures compliquées était proprement impressionnante.
Il circula à plusieurs reprises des rumeurs presque alarmantes sur mon pouvoir d’influencer les pensées et les actes d’autrui, bien que j’aie pris soin, semble-t-il, de réduire au minimum les manifestations de cette faculté.

D’autres vilains bruits concernaient mes rapports intimes avec les chefs de groupes d’occultistes, et des érudits suspects de relations avec des bandes innommables d’odieux hiérophantes du monde ancien. Ces rumeurs, bien que non confirmées à l’époque, furent certainement encouragées par ce qu’on savait de la teneur de mes lectures – car la consultation de livres rares dans les bibliothèques ne peut être gardée secrète.

Des notes marginales restent la preuve tangible de mes recherches minutieuses dans des ouvrages tels que Cultes des Goules, du comte d’Erlette, De Vermis Mysteriis, de Ludvig Prinn, Unaussprechlichen Kulten de von Junzt, les fragments conservés de l’énigmatique Livre d’Ebon, et l’effroyable Necronomicon de l’Arabe fou Abdul Alhazred. Et puis, il est indéniable aussi que l’activité des cultes clandestins reçut une nouvelle et néfaste impulsion à peu près au moment de mon étrange métamorphose.

Pendant l’été de 1913, je commençai à donner des signes d’ennui, de relâchement, et laissai entendre dans mon entourage qu’on pouvait s’attendre à me voir bientôt changer. J’évoquai le retour de souvenirs de ma première vie – mais la plupart de mes auditeurs mirent en doute ma bonne foi, car tout ce que je citais était fortuit et eût pu être tiré de mes vieux papiers personnels.

Vers la mi-août, je regagnai Arkham et rouvris ma maison de Crâne Street, depuis longtemps fermée. J’y installai une machine des plus curieuses, construite en pièces détachées par différents fabricants de matériel scientifique en Europe et en Amérique, et je la dissimulai soigneusement aux regards de toute personne assez intelligente pour en comprendre la composition.

Ceux qui la virent – un ouvrier, une domestique et la nouvelle gouvernante – décrivirent un bizarre assemblage de tiges, de roues et de miroirs, ne mesurant pas plus de deux pieds de haut, un de large et un d’épaisseur. Le miroir central était rond et convexe. Tout cela est confirmé par les fabricants de pièces que l’on a pu joindre.

Le soir du vendredi 26 septembre, je donnai congé à la gouvernante et à la femme de chambre jusqu’au lendemain midi. Des lumières brillèrent dans la maison tard dans la nuit, et un homme maigre, brun, l’allure singulière d’un étranger, arriva en automobile.

Il était à peu près une heure du matin quand les lumières s’éteignirent. À deux heures et quart un agent de police remarqua la demeure dans l’obscurité mais la voiture de l’étranger était toujours garée le long du trottoir. À quatre heures elle avait de toute évidence disparu.

Ce fut à six heures qu’une voix hésitante, à l’accent étranger, demanda par téléphone au Dr. Wilson de se rendre à mon domicile, pour me tirer d’un bizarre évanouissement. Cet appel – une communication interurbaine – venait, comme on l’établit plus tard, d’une cabine publique à la gare du Nord de Boston, mais on ne retrouva jamais aucune trace du maigre étranger.

Vous pouvez télécharger l’abîme du temps ici :
http://generation.feedbooks.com/book/1373.pdf

Le dimanche 11 mars 2012, par Angelina
Modification de l'article le : 16 octobre 2012.

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