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Un trader ne meurt jamais

et vive les profits juteux

De : Marc Fiorentino
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Dans Un trader ne meurt jamais, Marc Fiorentino, nous initie à la mentalité du trader au travers d’une petite fable tellement grosse qu’elle pourrait bien être vraie. Alors que l’€uro n’en finit pas d’être en crise, voilà un petit livre intéressant.

L’histoire

Sam Ventura (quel nom ridicule) est un trader rangé des voitures. Après avoir spéculé comme un goret pendant des années, et avoir tout sacrifié à sa quête du dividende lucratif et de la spéculation juteuse, le voilà sans le sou. Un mauvais timing sur la bulle des valeurs internet et adieu, veau, vache, cochon, couvée. Sam est plumé.

Depuis ce fiasco, Sam est consultant et ne spécule plus. Depuis 8 ans. Seulement voilà, Un trader ne meurt jamais et le démon du vice capitaliste reprend le dessus. Sam veut refaire fortune.

Ok mais c’est bien ?

Ce qui m’a intéressée c’est le mécanisme de l’effet de levier qui est bien expliqué et qui permet à Ventura de se relancer avec une mise de départ très réduite (cinq mille euros). Je ne mettrai pas mes billes dans une telle moulinette, mais c’est beau à voir.

Autre point instructif, c’est la psychologie du trader, ces types là sont des parieurs et il y a finalement assez peu de différences avec ceux qui jouent au tiercé, à part les sommes en jeu bien sur.

Au fond ce qu’on comprend à la lecture de ce livre, c’est que l’être humain étant capable de se projeter dans l’avenir, et de faire des hypothèses sur ce qu’il nous réserve. Et on le fait tous. Si on me dit que le fioul va augmenter, je vais remplir la cuve de ma chaudière au plus vite. Logique. Quelle différence y a t-il alors avec celui qui achète des titres à un instant T, parce qu’il pense que c’est le meilleur moment ? Aucune, probablement. La cupidité c’est humain.

Du coup les politiques qui bombent le torse en se jurant de mettre fin à la spéculation me semblent des utopistes ou des malhonnêtes. On ne fait pas des lois pour empêcher les gens d’acheter ou de vendre maintenant parce qu’ils font le pari que plus tard ce sera moins avantageux. Je vois pas comment réguler ça moi.

Mais c’est un autre débat. D’un point de vue littérature, Un trader ne meurt jamais est un témoignage intéressant, qui a l’avantage d’être court et pas désagréable à lire, même si on est loin d’un prix Nobel de littérature et que le style est un peu plat.

Quelques lignes...

Toujours la même chanson pour me réveiller. « Ventura Highway », d’America. Je ne sais pas si je l’aime parce qu’elle porte mon nom ou pour le thème de guitare. Cela fait huit ans que le CD est dans mon réveil. Il a dû s’incruster. Plus aucune chance de l’extraire.

Même le café m’énerve, ce matin. Le bruit des capsules qui tombent me rappelle celui des pièces dans une machine à sous de Vegas. Sauf qu’on ne touche jamais le gros lot. Pourquoi je n’ai pas eu l’idée des capsules Nespresso ? Au fait, combien cote l’action Nestlé ?

Lundi de Pâques. Jour férié. La bonne nouvelle du jour, c’est que je n’ai pas à mettre de costume : casual wear. Pas besoin de me raser non plus. Il n’y aura personne pour me voir. A part mes écrans d’ordinateurs.

J’en ai marre de traîner seul chez moi. Je deviens grincheux. Une petite salade chez Carette puis direction le bureau. 150 m2 dans le centre d’affaires de la place du Trocadéro.
Même là, pas un rat. Ce n’est pas un centre d’affaires, c’est un centre de repos... La réception est déserte. L’hôtesse somnole en ruminant sa solitude.

Tous les marchés en Europe sont fermés mais les États-Unis sont ouverts. Le Dow Jones a ouvert en hausse. Le dollar remonte un peu.

La semaine qui vient de passer a été probablement la plus folle que j’aie connue. Un vrai délire. Une accélération de l’histoire financière qu’on ne vit qu’une fois dans sa vie.

Un journaliste de radio m’a posé une question en direct, dimanche soir : « C’est la fin du monde ? » J’ai répondu : « Non. » Un non, brutal, sans appel. « Les marchés vont rebondir. » La journée de lundi a été apocalyptique. La Bourse a plié, mais elle n’a pas rompu. Le rebond a eu lieu. Dans la nervosité et dans la panique.

J’ai parié sur ce rebond. Je me suis mouillé à fond. J’ai affirmé que ce n’était pas la fin du monde. Partout. A la télé, à la radio, dans les quotidiens économiques. J’ai eu l’impression de rejouer. Et cela m’a fait du bien. Sans miser d’argent certes, mais en jouant ma crédibilité.

J’ai retrouvé le goût des marchés.

J’ai retrouvé le goût du jeu. Un sentiment que je n’ai pas eu depuis longtemps. Un peu comme les doigts d’un malade qui bougent après huit ans passés dans le coma.

Et j’ai décidé de commencer ce journal.

Pour laisser une trace. Comme un navigateur solitaire qui s’attaque au cap Horn. Qu’il en revienne ou qu’il disparaisse. Pour laisser une trace, et pour vivre une dernière aventure. Car j’ai pris une décision. LA décision. Je vais refaire fortune.

Mais, cette fois, je ne reperdrai pas. Je garderai tout
.
Je veux gagner de l’argent, beaucoup d’argent. En spéculant sur les marchés. C’est la seule chose que je sais faire.

Le mardi 6 décembre 2011, par Angelina
Modification de l'article le : 17 novembre 2012.

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