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La bête qui meurt

de Philip Roth

De : Philip Roth
Traduit par : Josée Kamoun
Titre original : The Dying Animal
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David Kepesh est le narrateur vieillissant de cette histoire. Professeur apprécié et critique littéraire reconnu, il anime une émission de télévision sur la littérature, ce qui lui vaut une petite notoriété et une certaine forme de prestige auprès de ses étudiants.

Ce que veulent les hommes

Kepesh se sert de ce prestige pour nouer des relations avec les jeunes filles qui fréquentent ses cours. Les rapports qu’il entretien avec ces jeunes femmes sont souvent décrit de façon crues et sans tabou. La construction du livre fait penser à une correspondance ou une conversation entre deux amis et Kepesh prend souvent “l’autre”, l’ami, le confident à témoin.

La sexualité de Kepesh est à envisager comme une tentative de vivre pleine sa vie, de faire l’expérience de la liberté, loin du puritanisme ambiant et de l’institution du mariage, vécue par Kepesh comme une aliénation castratrice.

Or, voilà que Kepesh rencontre la jeune Consuela Castillo, une jeune cubaine d’une sensualité inégalable et en tombe amoureux. Il fait alors d’expérience de la jalousie, du manque et de la frustration. Il s’enferme dans une passion dévorante dont la première victime et la liberté qu’il chérissait tant.

Se posant comme une sorte de Simone de Beauvoir au masculin, Philip Roth entreprend dans ce livre de questionner la liberté masculine et son libre épanouissement personnel. Bref, voilà un petit livre (130 pages) à la fois puissant et sexué. Intéressant.

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Quelques lignes...

Consuela Castillo. Sitôt que je l’ai vue, son comportement m’a fait une forte impression. Elle savait l’atout qu’était son corps. Elle ne se trompait pas sur elle-même. Elle savait aussi qu’elle ne trouverait pas sa place dans le monde de la culture qui était le mien - la culture, c’était pour elle l’éblouissement, pas le quotidien. Alors elle était venue à la soirée - jusque-là j’avais eu peur qu’elle ne paraisse pas - et elle s’y était montrée envers moi d’une cordialité familière. Ne pouvant miser sur sa discrétion et sa prudence, les deux fois qu’elle était venue me trouver dans mon bureau pour que nous commentions ses copies, je m’étais bien gardé, tout comme pendant les cours, de laisser paraître que je m’intéressais à elle. Elle-même, lors de ces tête-à-tête, n’avait manifesté que docilité et déférence, prenant en note la moindre de mes remarques, même la plus insignifiante. Elle était toujours entrée et sortie avec sa veste sur sa blouse. La première fois qu’elle était venue me voir, nous étions restés assis côte à côte à mon bureau, comme il est prescrit, porte ouverte sur le couloir, nos huit membres et nos deux torses contrastés offerts au regard de tout Big Brother de passage (fenêtre ouverte, aussi, je craignais son parfum) ; la seconde fois, c’était une jupe en maille noire, avec des collants noirs ; mais en classe, c’était toujours ce chemisier ouvert jusqu’au troisième bouton, son chemisier de soie crème, contre sa peau blanche, si blanche. à la soirée, par contre, elle a retiré sa veste après son premier verre de vin et, hardiment, me regardait d’un air ravi, m’offrant un large sourire tentateur. Nous n’étions qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, dans mon bureau, où je venais de lui montrer un manuscrit de Kafka qui m’appartient, trois pages écrites de sa main, un discours prononcé lors du départ en retraite d’un chef de bureau à la compagnie d’assurances où il travaillait ; ce manuscrit, qui date de 1910, m’a été offert par une riche femme mariée de trente ans, qui a été mon étudiante-maîtresse, il y a quelques années.

Le samedi 26 octobre 2013, par Angelina
Modification de l'article le : 26 octobre 2013.

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