Accueil > Romans français > Matricia

Matricia

“je suis l’espoir et le fléau.”

De : Charlotte Bousquet
Partagez :

Dans Matricia de Charlotte Bousquet, une magicienne et un sorcier s’affrontent autour d’un jeu de tarot. Ce sont les survivants d’une famille maudite et perdue, corrompue par le vice et le crime. Les Tengelli.

Une construction sophistiquée et poétique

Matricia est construction savante, faite de bribes de souvenirs que les deux principaux protagonistes font ressurgir au cours de leur duel. Au début on n’y comprends pas grand chose mais après quelques pages les premiers éléments se mettent en place et la brume se dissipe. 

L’archipel des numinées, issu de l’imagination de Charlotte Bousquet est un univers traversé par la poésie. Comme dans Cytheriae, des poèmes et des chansons alternent avec les passages en prose. C’est joliment fait, avec du vocabulaire soigné et un champs lexical qui rappelle Howard Philipp Lovecraft (voir par exemple Dans l’abîme du temps. Bref, c’est bien mieux écrit que ce à quoi on peut s’attendre avec un roman de fantasy (bien qu’il y ait pas mal d’idées préconçues à ce sujet...).

Un petit mot sur l’intrigue de Matricia

Le destin des envieux et des manipulateurs qui pullulent dans cette famille sont évoqués à chaque fois que le jeu de tarot est tiré. Chaque tirage donne lieu à un souvenir. Petite à petit, c’est l’histoire de toute la famille qu’on découvre. C’est aussi et surtout l’histoire de la vengeance de Dionisia, la bâtarde métissée qui a décidé d’éradiquer son clan.

Matricia, c’est Néron, Caligula et les Borgia réunis dans la même famille

La folie et la fortune des Tengelli fait penser à la maison Borgia, ou à la Rome antique et à ses empereurs décadents débauchés et pervers. Incestueux, égocentriques, en un mot fous furieux, rien ne les arrête. Alors, pour venger sa mère, Dionisia a décidé de décimer toute la famille, pour que rien n’en subsiste. Mais c’est un sacrifice immense qui l’attend.

A noter aussi que le livre est doté d’une jolie couverture signée Elvire De Cock

Quelques lignes...

Au moment où Dionisia retourna la carte, une stridulation, imperceptible pourtant, siffla à ses oreilles. Un deuxième fétiche – crâne de vipère gravé de symboles dissimulé contre son ventre – se vida de sa substance, nourrissant l’artefact. Celui-ci, agrippant de ses doigts invisibles l’esprit jeté en pâture, commença à téter.

La Mère, symbole de patience et d’altruisme ; l’arcane se comportant en enfançon avide... Frappée par l’ironie de ce paradoxe, la magicienne examina la figure représentée sur la lame. Voilée de gris et d’argent, celle-ci évoquait la Triple Déesse sous son aspect nourricier. Assise au pied d’un arbre doré par le soleil à son zénith, elle tenait par la main une petite fille aux longs cheveux blonds et allaitait l’enfant calé sur son giron.

La Mère ! Coassa Alino, tirant sur ses mèches grasses. La Mère, ha ! Vas-tu encore parler d’elle ? Non ! Non bien sûr ! Ta mère ne t’aimait pas, tu n’as pas oublié, n’est-ce pas ? Oh, peu importe après tout. Tu es libre d’évoquer qui tu veux, cela ne changera rien : à la fin, ton âme sera en lambeaux et mon Seigneur se repaîtra de ton essence. À moins que tu ne renonces, dès maintenant, à m’affronter ? Il t’accueillerait, repentante, et ferait de toi une disciple...

Croyait-il vraiment l’effrayer ou la tenter ? Dionisia s’efforça de lire en lui, de percer les mystères enfouis derrière ses prunelles rougies, de déchiffrer les signes dissimulés par son faciès macabre et son accoutrement grotesque. Brusquement, elle recula, saisie d’effroi. Le corps décharné du sorcier n’était qu’un masque, une enveloppe de chair à peine douée de pensée, avatar consentant de l’entité chaotique qui rongeait Matricia. La jeune femme se reprit : il ne fallait, pour le moment, rien laisser paraître. Aucune émotion. Aucune défaillance. Elle devait tisser patiemment sa toile et attendre une négligence de l’ennemi pour refermer le piège.

Le dimanche 6 mai 2012, par Angelina
Modification de l'article le : 1er novembre 2012.

Votre point de vue


bouton radio modere priori

forum info modere

form pet message commentaire
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

    texte
forum lien hyper

forum page url

forum qui etes vous

Twitter de ce que je lis : http://twitter.com/cequejelis

Ce que je lis - blog littéraire est motorisé par Spip 3.0.17 [21515] associé à des squelettes spip Rizom


Création de sites internet professionnels - tarif création site internet