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Cahiers secrets de la Vème République - 1986-1997

Tome 3

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Après quelques semaines d’absence, me revoilà avec une chronique sur les cahiers secrets de la 5ème république, de Michèle Cotta. Mon reader m’a dénombré 900 pages dans ce tome 3. Ceci explique un peu mon éloignement de ce blog. Lorsque je fais un billet, c’est un livre que j’ai lu. Je ne sais pas comment font celles qui bloguent sur un livre de façon quasi quotidienne... Enfin j’ai peut être une petite idée, mais chut.

De 1986 à 1997

Le tome 3 par lequel j’ai choisit de commencer couvre la période de la première cohabitation entre le président et le premier ministre. Chirac et Mitterrand s’affrontent au sommet de l’état pendant que Michèle Cotta travaille à la privatisation de TF1. Vient ensuite la réélection de Mitterrand et la quasi cohabitation avec Michel Rocard, Edith Cresson et Pierre Bérégovoy à Matignon, la cohabitation avec Balladur. En 1995, Chirac est élu président de la république et le tome s’achève après la déroute de la dissolution de 1997.

J’ai préféré commencer par cette période, pour pouvoir confronter ces carnets avec ce qu’il m’en reste en mémoire. Et je suis trop jeune pour avoir la moindre souvenirs des périodes évoquées dans les deux tomes précédents.

Une sucrerie

Pour en revenir aux cahiers secrets de Michèle Cotta, je vous le dit tout de suite, j’ai adoré. Bon la politique m’intéresse depuis longtemps, ça laisse incrédule sans doute pas mal de monde, mais je trouve ça vraiment passionnant.

A ce titre, les carnets de Michèle Cotta c’est le livre politique, plutôt sur la politique, le plus savoureux qu’il m’est été donné de lire. Une sucrerie. D’abord sur la forme, les amoureux du blogging ne seront pas dépaysé. Les billets sont courts, le style est dense, parfois drôle, et l’ensemble respire la sincérité.

Sur le fond, point de grandes idées, d’intérêt général, de trajectoire historique ou de mise en perspective dans ces carnets. Non, c’est très terre à terre. Le sujet, c’est la tactique des uns ou des autres, les positionnements, les coups bas, les non dits et les coulisses. J’ai eu l’impression d’entrevoir la politique telle qu’elle est, hors de champs de la communication léchée et des images maîtrisées. Les amateurs de off seront comblés.

Sur le plan de la pratique journalistique, c’est bon aussi. Je suis peut être un peu provinciale mais je ne voyais pas le métier de journaliste politique comme ça. J’imaginais que les informations venaient plutôt des entourages. Pas du tout. Michelle Cotta déjeune avec Alain Juppé à Matignon, prend l’avion avec Philippe Séguin, et puis fait un saut à la fête de l’Huma où Georges Marchais l’a invitée. Pour autant, et une fois déniaisée, on ne sent aucune connivence au fil des pages. Et puis on voit les petites ficelles du métiers et c’est une partie qui m’a plu aussi. Les recoupements d’informations en interrogeant plusieurs acteurs sur le même événements sont parfois cocasses, surtout dans la période Mittérrand. Amusant de voir comment chacun tire la couverture à soi.

Un livre que je conseille à tous, sauf à ceux qui sont un peu désabusés par la politique. Je suis pas sure que ça les remettra sur le chemin des urnes.

Quelques lignes...

17 février

Les projets de loi sur l’immigration mobilisent enfin le Parti socialiste. J’écris enfin, car, depuis le temps que la majorité annonce sa volonté de légiférer sur le sujet, le PS a eu du retard à l’allumage ! Par exemple, lorsque la commission ad hoc de l’Assemblée nationale8 a été créée, dès 1995, à la demande de députés RPR fortement remontés contre l’immigration irrégulière, les parlementaires socialistes se sont contentés de quitter ladite commission. Pas davantage de réaction lorsque, en avril 1996, le rapport de la commission d’enquête parlementaire a été rendu public. Paradoxe : la dureté des propositions qu’il contenait a suscité davantage de remous à l’intérieur de la majorité que dans l’opposition, qui continuait de faire comme si ce projet ne la regardait pas.

Tout le monde savait pourtant qu’il existait, au sein de la majorité, surtout après l’affaire des sans-papiers de l’église Saint-Bernard, en août dernier9, une forte tentation d’aller au-delà des lois Pasqua qui, à l’époque, avaient paru pourtant suffisamment restrictives. Pourquoi ce silence ? Sans doute parce que la réalité de l’immigration pose au moins autant de problèmes au PS qu’il en pose à la majorité. Les socialistes savent bien que l’opinion publique ne partage pas leur mansuétude sur le sujet de l’immigration. Même si Rocard a dit en son temps que la France ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde, cette affirmation avait choqué nombre de militants tant elle leur avait paru contraire aux grands principes de solidarité et d’ouverture du PS. D’où la tentation qu’ont eue ses dirigeants, depuis 1995, d’écarter d’eux ce calice. Tant qu’ils l’ont pu, ils ont préféré ne pas s’en mêler. Aujourd’hui, ils n’ont pas le choix : les textes du projet de loi Debré sont sur la table. Progressivement, donc, le PS s’est réveillé. Ce qui explique ma rencontre avec François Hollande, aujourd’hui.

« Le dispositif prévu par la loi Debré, cette obligation de fournir à la fois certificats d’hébergement et certificats de départ, est inefficace et dangereux », me dit aujourd’hui Hollande, qui, proche de Jospin après l’avoir été de Jacques Delors, prend une importance de jour en jour plus grande au sein du Parti. Sympathique, toujours à la recherche d’un bon mot, assez œcuménique dans ses relations avec les courants du Parti socialiste, il a le sens des formules et sait être un brillant polémiste dès qu’il est en campagne. Il n’a qu’un inconvénient dans le combat, lorsqu’il en livre un : son visage ouvert, chaleureux, ses joues rebondies lui ôtent une partie de sa crédibilité. Il faut qu’il ait envie d’être très méchant pour avoir l’air de l’être un peu.« Il n’y a qu’un moyen de lutter contre le travail clandestin, continue-t-il, c’est de sévir contre les employeurs qui les emploient. Or, ce sont les députés de la majorité qui ont eux-mêmes réduit les peines encourues dans ce cas par les chefs d’entreprise. »

Le Parti socialiste n’est-il pas trop laxiste sur l’immigration, surtout lorsqu’on sait l’attitude de la majorité des Français à l’égard des immigrés ? « Nous faisons la différence, proteste Hollande, entre l’immigration illégale, irrégulière, et la présence régulière d’immigrés sur le sol français. Nous disons simplement qu’il y a des moyens acceptables et des moyens intolérables. »

Le samedi 30 juin 2012, par Angelina
Modification de l'article le : 1er novembre 2012.

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