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Un passé en noir et blanc

De : Michiel Heyns
Traduit par : Françoise Adelstain
Titre original : Lost ground
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Pour écrire un article sur le meurtre de sa cousine, un journaliste londonien retourne dans la ville où il a passé son enfance, en Afrique du sud. Son enquête va le mener dans une exploration d’un petit bourg sud-africain dans l’ère post-apartheid.

Dans ce roman de Michiel Heyns, Peter Jacobs, journaliste d’origine sud-africaine débarque de Londres dans une petite ville d’Afrique du Sud, Alfredville ; la ville de son enfance. 20 ans plus tôt, pour échapper à son service militaire, Peter Jacobs a quitté son pays, ses amis et Alfredville pour s’installer au Royaume Uni. Son retour n’est pas le fruit d’une simple nostalgie. Jacobs ambitionne d’écrire un article sur le meurtre de sa cousine Désirée, que les autorités impute à son mari. Comme celui-ci est à la fois chef de la police et noir, Peter Jacobs y voit matière à dresser un portrait de l’Afrique du Sud post-apartheid, et de décrire les problèmes raciaux qui y demeurent. D’autant qu’Alfredville est située au coeur du Little Karoo, un des bastions des Afrikaaners et que le terrain, y est propice. Le héros est bien placé pour le savoir..

Désirée, à la fois blanche, de bonne famille et belle avait tout pour séduire, son mari Hector Williams, ancien de l’ANC est devenu chef de la police, lors de l’avènement du gouvernement multiracial. Le mariage entre Désirée et Hector avait bien sûr créée un scandale dans Alfredville. Les mentalités évoluant doucement, la famille de la mariée n’avait pas accepté l’union de leur fille et d’un noir, ancien “terroriste” pour couronner le tout. D’ailleurs les ragots vont bon train et on dit que Désirée était infidèle. Le mobile serait donc la jalousie et le meurtrier tout trouvé : le mari.

Peter Jacobs est plutôt de cet avis au début de son enquête, et il s’intéresse finalement assez peu aux faits divers. Ce qu’il cherche à mettre à jour, ce sont les rapport sociaux et raciaux qui ont été à l’oeuvre dans la fin tragique de Désirée. Et pour le lecteur, c’est ce qui donne à ce polar ce petit plus appréciable. Son enquête durera quelques jours, assez pour renouer avec sa ville natale, mais aussi avec de vieilles connaissances.

Peter vient d’être quitté par son compagnon et l’article qu’il projette d’écrire lui offre la possibilité de fuir sa rupture. C’est alors qu’il retrouve son copain d’enfance, Bennie, lui aussi policier. Bennie est devenu quelqu’un de taciturne et qu’il semble assez malheureux de sa vie. Les retrouvailles s’avèreront marquantes pour Peter Jacobs, qui comprends que la camaraderie passée était peut être beaucoup plus complexe qu’elle en avait l’air à l’époque.

Sur la forme, le récit de Michiel Heyns dont Jacobs est le narrateur est agréable à lire et parfois assez drôle, avec un bon nombre de situations cocasses et de rencontres avec des personnages typés. Toujours légèrement en décalage face aux rencontres qu’il fait, Jacobs, manie un flegme et un humour "so british" fort agréable. L’intrigue quand à elle peine au démarrage car le journaliste ne s’y investit pas totalement. Dès le début, il est convaincu de la culpabilité du mari. Dès lors, on ne peut pas parler d’un roman haletant. Ce n’est que lorsqu’il se rend compte que les choses ne sont pas si simples que le suspens démarre réellement.

Un bon roman néanmoins que ce passé en noir en blanc qui rend bien l’atmosphère de l’Afrique du Sud des années 2010, (enfin je l’imagine...) le tout avec de petites pointes d’humour par-ci par-là. Un livre à tester !

J’ai reçu ce roman du service de presse de l’éditeur.

Quelques lignes...

De retour à l’hôtel, en sueur et affamé, je prends une douche et m’efforce de lire le journal que j’ai acheté le matin. Des pages consacrées à un nouveau scandale gouvernemental, fonctionnaires aux pouvoirs exorbitants et leurs femmes aux parures extravagantes s’autorisant des dépenses fabuleuses avec l’argent de l’État. Dégoûté, je ne poursuis pas ma lecture. Les paroles d’Angelina me trottent dans la tête : La missis attendait votre visite avec tant d’impatience. Déjà que j’ai dû considérablement réviser ma façon de voir les choses, je ne tiens pas à devoir rectifier aussi mes idées concernant l’attitude de tante Dolly envers moi.

Je mange l’un des koeksisters d’Angelina. Difficile de résister malgré leur douceur écœurante : croustillants, ils s’effritent en distillant la saveur du sirop au gingembre dont ils sont imprégnés. Bennie et moi, nous en chapardions bon nombre de ceux qu’Angelina faisait pour la vente de charité de l’église.
Une fois je lui avais demandé : “C’est pas un péché de voler le bien de l’église ?
- Je crois pas, avait-il répondu en choisissant le plus gros. Réfléchis, qu’est-ce que l’église va faire de l’argent que les koeksisters lui rapportent ?
- J’sais pas. Le donner aux pauvres, je suppose.
- Donc, pas de problème. Je suis pauvre, non ?
- Et alors ?
- J’épargne à l’église l’embêtement d’avoir à vendre les koeksisters pour me donner ensuite l’argent avec lequel j’achèterai des koeksisters.
- Très futé. Mais moi ? Je ne suis pas pauvre.
- Pas de problème. Je te l’offre.” Et il me tendit le biscuit.

Le jeudi 23 mai 2013, par Angelina
Modification de l'article le : 23 mai 2013.

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