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Dans les bois de Harlan Koben

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Dans les bois

Un beau suspens

De : Harlan Coben
Traduit par : Roxane Azimi
Titre original : The woods
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Harlan Coben, c’est l’auteur à succès à qui Guillaume Canet doit l’histoire de l’un de ses films les plus réussi : Ne le dis à personne. Véritable institution du polar américain au même titre que Michael Connelly, Harlan Coben est également l’auteur d’une intrigue bien ficelée : « Dans les bois » que je viens de finir.

Une histoire touffue

Paul Copeland est animateur dans une colonie de vacances. Une nuit, alors qu’il a préféré quitter son poste pour rejoindre sa copine dans les bois, quatre pensionnaires disparaissent, dont la sœur de Paul. Au matin on retrouvera deux cadavres, en supposant que comme les autres, les deux disparus sont enterrés quelque part dans les bois. On en les retrouvera jamais. Les autorités attribueront ces crimes un serial killer qui sévissait dans les parages, bien que celui-ci ne reconnaitra jamais ces meurtres.

Vingt ans plus tard, Paul travaille en tant que procureur et s’occupe, au moment ou débute le livre, d’une histoire de viol. C’est à ce moment que deux policiers le contactent pour lui montrer le corps d’un homme retrouvé mort, et dont ils pensent que Paul le connaît. Le mort en question a visiblement une fausse identité, mais on a retrouvé dans sa poche l’adresse de Paul…

Persuadé de prime abord de ne pas connaître cet homme, Paul se ravise à la vue d’un tatouage sur le bras du corps. Ce tatouage, c’est celui de l’un des jeunes gens disparu vingt ans plus tôt. L’un des deux dont on avait pas retrouvé le corps. Sachant que la seconde personne disparue, c’était la sœur de Paul… Il se lance alors dans une enquête haletante pour savoir ce qui s’est réellement passé il y a vingt ans, dans ces bois.

Forest above Crafnant

Un polar réaliste de bonne facture

Je ne connaissais pas trop Harlan Coben avant d’entamer ce roman, mais c’est une belle découverte car je lui trouve pas mal de points communs avec un autre maître du livre noir américain, à savoir Michael Connelly (que j’aime beaucoup). L’un comme l’autre font dans le réalisme et les description du travail de procureur de Paul rapprochent ce roman d’un autre que j’ai lu récemment : La défense Lincoln. J’y ai retrouvé un peu la même atmosphère.

Autre point commun entre les deux, l’intrigue se distingue par un refus de l’effet de manche. Pas d’assassin étonnant ou de révélation fracassante ici. On est tenu en haleine mais sans artifice idiot comme dans de trop nombreux romans policier, où le but du jeu est de surprendre plus que de proposer une histoire crédible.

Bref ce roman m’a bien plu et je n’ai qu’une envie, lire autre chose de monsieur Harlan Coben. _Auriez-vous un bon titre de lui me conseiller ?

Quelques lignes...

Je revois mon père avec sa pelle. Son visage est baigné de larmes. Un horrible sanglot guttural monte de ses poumons et s’échappe de ses lèvres. Il lève la pelle et attaque le sol. Elle s’enfonce dans la terre comme dans de la chair humide.

J’ai dix-huit ans, et c’est le souvenir le plus vif que j’aie de mon père, dans ces bois, avec sa pelle. Il ne sait pas que je l’observe. Caché derrière un arbre, je le regarde creuser. Il le fait avec rage, comme s’il en voulait à la terre, comme s’il cherchait à se venger.

Jamais encore je n’avais vu mon père pleurer… ni à la mort de son propre père, ni après que ma mère est partie en nous abandonnant, ni même quand il a appris la nouvelle pour ma sœur Camille. Mais là, il pleure. Il pleure sans retenue. Les larmes ruissellent en cascade sur son visage. Les sanglots raisonnent sous les arbres. C’est la première fois que je l’espionne de la sorte. La plupart des samedis, il fait mine d’aller à la pêche. Ç a je n’y ai jamais vraiment cru. Au fond de moi, je devais savoir que ce lieu, ce lieu terrible, était sa destination secrète.

Car, quelquefois, c’est aussi la mienne.

Debout derrière mon arbre,je le regarde faire. Ça m’arrivera encore, huit fois en tout. Jamais je ne l’interromps. Je ne me montre pas. Je pense qu’il ne se doute pas de ma présence. J’en suis sur même. Et puis un jour, en se dirigeant vers sa voiture, mon père me regarde, l’œil sec, et me dit :
- Pas aujourd’hui Paul. Aujourd’hui j’irai seul. Et il part. C’est la dernière fois qu’il se rend dans les bois.

Le lundi 27 juin 2011, par Angelina Jelis
Modification de l'article le : 26 juin 2011.

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