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De l’inégalité parmi les sociétés

Fusils, microbes et acier : le sort des sociétés humaines

De : Jared Diamond
Traduit par : Pierre-Emmanuel Dauzat
Titre original : Guns, Germs, and Steel: The Fates of Human Societies
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A partir d’une question apparemment toute bête – Pourquoi sont-ce les européennes et pas les Incas ou Chinois qui ont dominés le monde durant les trois derniers siècle ? - Jared Diamond retrace l’histoire de l’humanité depuis -13 000 ans et explique cette domination occidentale par une série de hasards environnementaux et contextuels.

Le sacre de l’homme

Si l’histoire de l’humanité et des civilisations vous intéresse, ce livre vous passionnera. Il tord le cou à la thèse plus ou moins raciste qui explique le décalage entre les nations par une attitude plus passive et une résistance au progrès plus importante, chez les peuples les moins développés. Toute la thèse propose une vision de l’évolution sociale et scientifique déterminée par la géographie, l’éco-système et l’environnement au sens large. L’occident aurait eu, dès l’origine, des conditions de démarrage favorables. Que ce soit en raison du stock d’animaux et de plantes domesticables, de l’orientation est – ouest du continent, (large bande climatique qui favorise la diffusion des même techniques agricoles), ou de la résistance aux microbes des européens. Tous ces petits facteurs qui n’ont rien de décisif en soit, se sont accumulés pour avantager les uns aux détriment des autres.

Vulgariser l’histoire universelle

A ceux qui ne mettent jamais le nez dans un essai de peur d’y trouver un vocabulaire jargonneux et difficile d’accès, n’ayez crainte ; Jared diamond vulgarise à merveille et seuls quelques passages sont un peu difficile d’accès. La portée du propos laisse songeur, tant l’aventure humaine brillamment résumée ici est formidable, mais si influencée par des critères environnementaux. Alors qu’on ne parle que de réchauffement climatique, cela fait réfléchir.

Quelques lignes...

En juillet 1972, je me promenais sur une plage de l’ile tropicale de Nouvelle-Guinée où, en tant que biologiste, j’étudie l’évolution des oiseaux. J’avais déjà eu vent d’un dénomrné Yali, homme politique local remarquable, qui faisait alors le tour du district. Par hasard Yali et moi allions ce jour-la clans la même direction. Il me rattrapa et nous marchâmes ensemble une bonne heure, sans cesser de discuter.
Yali rayonnait de charisme et d’énergie. Ses yeux brillaient de manière fascinante. Il parla avec assurance de sa personne, mais il posa aussi quantité de questions pénétrantes et me prêta une oreille attentive. Notre conversation commença par un sujet alors présent à
l’esprit de tous les Néo-Guinéens : la rapidité des changements politiques. À l’époque, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, comme on appelle aujourd’hui la nation de Yali, était encore administrée par l’Australie dans le cadre d’un mandat des Nations unies, mais l’indépendance était dans l’air. Yali m’expliqua ses efforts pour préparer la population locale à cette perspective.
Au bout d’un moment, il changea de sujet et se mit à me presser de questions. Yali n’avait jamais quitté la Nouvelle-Guinée et avait arrêté ses études au lycée, mais il était d’une curiosité insatiable. Pour commencer, il voulut savoir en quoi consistait mon travail sur
les oiseaux de Nouvelle-Guinée (y compris combien j’étais payé pour le faire). Puis il me demanda comment les ancêtres de son peuple avaient atteint la Nouvelle-Guinée au cours des quelques dizaines de milliers d’années passées et comment les Européens blancs l’avaient colonisée dans les deux cents dernières années.

La conversation demeura amicale, alors même que nous était familière la tension qui régnait entre les deux sociétés que nous représentions, Yali et moi. Il y a deux siècles de cela, tous les Néo-Guinéens vivaient encore « à l’âge de pierre ». Autrement dit, ils employaient encore des outils de pierre semblables à ceux que remplacèrent les outils métalliques en Europe voilà des milliers d’années. Et ils vivaient dans des villages qui
n’étaient pas soumis à une autorité politique centrale. Les Blancs étaient arrivés, avaient imposé un gouvernement centralisé et apporté des biens matériels, dont les Néo-Guinéens reconnurent aussitôt la valeur : des haches de métal, des allumettes, des médicaments, mais aussi des vêtements, des boissons sans alcool et des parasols. En Nouvelle-Guinée, on désignait tous ces biens sous le nom cargo.
Nombre de colons blancs ne cachaient pas leur mépris envers les Néo-Guinéens, qu’ils jugeaient " primitifs ". Le moins capable des « maîtres » blancs lui-même - on les appelait encore ainsi en 1972 - jouissait d’un niveau de vie très supérieur à celui des Néo-Guinéens, même à celui des responsables politiques charismatiques comme Yali. Ce dernier n’en avait pas moins pressé de questions quantité de Blancs comme il le faisait avec moi, et j’avais moi-même pressé de questions quantité de Néo-Guinéens. Nous savions parfaitement tous deux que les Néo-Guinéens sont en moyenne au moins aussi dégourdis que les Européens. Il devait avoir tout cela présent à l’esprit lorsque, me jetant un nouveau regard pénétrant de ses yeux brillants, il me posa cette question : « Pourquoi est-ce vous, les Blancs, qui avez rnis au point tout ce cargo et l’avez apporté en
Nouvelle-Guinée, alors que nous, les Noirs, nous n’avons pas grand-chose à nous ? "

Le vendredi 12 décembre 2008, par Angelina
Modification de l'article le : 3 décembre 2009.

Réactions

  • visiteurs

    De l’inégalité parmi les sociétés

    par noann - 19 mai 2010 20-35

    Très intéressant commentaire de lecture

    J’aimerais bien le repiquer sur mon site, en mentionnant bien sûr son auteur et un lien vers ici.

    Puis-je ?

    Noann

    Voir en ligne : http://livrogne.com

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  • Repiquer cette page sur votre site

    par Angelina Jelis - 19 mai 2010 22-39

    Merci pour la proposition, cela me flatte, mais je préfère que mes pages restent à demeure et que chaque site ait son contenu propre plutôt, que d’avoir le même texte à plusieurs endroits.

    Réagir à cet article | Réagir à ce message

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