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Dexter dans de beaux draps

tourne en rond

De : Jeff Lindsay
Traduit par : Pascal Loubet
Titre original : Dexter by Design
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Jeff Lindsay nous offre un quatrième opus sculté à la hache dans un bois tendre et mou. C’est raté ou c’est baclé, je ne saurais le dire. En tout cas c’est un livre qui m’a fait scier.

Qu’est ce qu’on s’ennuie...

Pour les martiens parmi vous, je rappelle un héros un peu particulier puisque c’est un serial killer, qu’il a de l’humour (noir évidement) et qu’il est sympathique. Ces paradoxes n’ont pas empêché Dexter de devenir également une série à succès sur le petit écran. Comme ici on parle plus de bouquins que de télévision, il faut bien se rendre compte que l’intérêt de la série Tv et des romans sont inversement proportionnels, et que ce n’est pas en lisant Dexter que vous vous amuserez le plus.

Autant la série est de saison après saison de mieux en mieux fichue. Les saisons 4 et 5 m’ont rendue dingue. Autant les livres c’est l’inverse. C’est de pire en pire. Un naufrage. Ça sombre doucement mais surement. Ce cher Dexter était fort réjouissant. Dexter revient remettait le couvert alors qu’on avait encore de l’appétit, et c’était bon. Le troisième livre, Les démons de Dexter était déjà moins digeste, plus lourd, avec un héros épaissi, n’ayant que peu de prise sur le déroulement de l’intrigue. Mais Dexter dans de beaux draps (quel titre plat) on s’emmerde carrément. Je ferais sans doute carême pour le tome 5, Ce délicieux Dexter.

Quelques lignes...

Avec les psychopathes ordinaires, bien insérés socialement, qui tuent parce qu’ils le doivent et tirent un plaisir simple, honnête de leur travail, je n’ai jamais eu ce problème. Je ne les comprends que trop bien, puisque je suis comme eux. Mais avec Weiss aucune ressemblance, rien qui suscite l’empathie, et à cause de cela j’ignore où il compte aller et ce qu’il va faire. J’ai le très désagréable pressentiment que cela ne va pas me plaire, mais je ne sais pas ce que ce sera, et cela ne me dit rien qui vaille.

Je reste un moment allongé à y penser - ou du moins à essayer, car le fier HMS Dexter n’est pas encore à toute vapeur. Rien ne me vient. Je ne sais pas ce qu’il veut. Coulter est sur mes talons. Tout comme Salguero, et bien sûr Doakes n’a jamais renoncé. Debs est toujours dans le coma. Point positif, le bouillon de Rita était très bon. Elle est vraiment gentille avec moi, elle mérite mieux, même s’il est clair qu’elle ne s’en doute pas. Elle croit apparemment à sa réussite, entre moi, les enfants et notre récent voyage à Paris. Et, bien que sa vie ait l’apparence du bonheur, la vérité est tout autre. Elle est comme une maman brebis dans une meute de loups qui ne voit autour d’elle que des toisons de laine blanche, alors qu’en réalité la meute se pourlèche les babines en attendant qu’elle tourne le dos.

Dexter, Cody et Astor sont des monstres. A Paris, les gens parlent vraiment français, comme elle s’y attendait. Mais Paris cache aussi sa propre espèce de monstre, comme 1’a révélé notre bref interlude culturel dans la galerie d’art. C’était quoi, le titre ? La Jambe de Jennifer. Très intéressant : après ma longue expérience dans ce domaine, j’ai enfin réussi à trouver quelque chose qui me surprenne et c’est pour cette raison que j’éprouve désormais une certaine tendresse pour Paris. Entre Jennifer et sa jambe, le numéro excentrique de Rita et les activités de Weiss, ces derniers temps, la vie est pleine de surprises qui se résument à ceci : les gens méritent ce qui leur arrive, non ? Ça ne change pas grand-chose, mais je trouve cette pensée très réconfortante et je finis par m’endormir. Le lendemain matin, mon esprit s’est considérablement éclairci. Je ne saurais dire si c’est grâce aux attentions de Rita ou à mon métabolisme naturellement alerte. Quoi qu’il en soit, je saute du lit armé d’un cerveau en excellent état de marche, tout est parfait.

Cependant, l’inconvénient, c’est qu’un cerveau efficace, vu la situation dans laquelle je me trouve, est contraint de lutter contre une déferlante de panique, une envie de faire ses valises et de filer vers la frontière. Mais, même avec la totalité de mes facultés mentales, je ne vois pas quelle frontière pourrait me protéger du pétrin dans lequel je me trouve. Malgré tout, puisque la vie nous offre peu de choix et que la plupart sont atroces, je pars au travail, bien décidé à traquer Weiss et à ne me reposer que lorsque je l’aurai coincé. Je ne comprends toujours pas le bonhomme ni ses agissements, mais cela ne m’empêchera pas de le trouver. Oui, en effet : Dexter est un croisement entre le limier et le bouledogue, et quand je suis sur une piste mieux vaut se rendre et s’épargner toute fatigue inutile. Je me demande s’il y a moyen de le faire savoir à Weiss. J’arrive un peu en avance, ce qui me permet de boire un café qui en a presque le goût.

Le lundi 25 juillet 2011, par Angelina
Modification de l'article le : 18 novembre 2012.

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