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Dur, dur

Le spleen de Tokyo

De : Banana Yoshimoto
Traduit par : Dominique Palmé & Kyôko Satô
Titre original : Hard-Boiled / Hard-Luck
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Née à tokyo en 1964, Banana Yoshimoto s’est fait connaître au Japon par son roman Kitchen, depuis elle connu une renommée internationale. Dur, Dur est composé des 2 nouvelles : Peau Dure et Coup Dur qui mettent en scène des jeunes japonais un rien marginaux.

Du poème en prose

Nous parlions récemment des poèmes en prose à propos de Baudelaire,, mais Banana Yoshimoto me semble pouvoir prétendre également à ce genre littéraire. Son écriture est très poétique et trouve une musique personnelle, propice à instaurer une ambiance douce et rêveuse, tout en simplicité.

Elle a choisit son nom de plume car elle aime les fleurs de bananier et s’est fait tatouer une banane sur la cuisse. Ça ne s’invente pas.

Le spleen de Tokyo

J’ai lu ce livre il y a quelques années déjà. Retombant dessus en rangeant un peu, je dois bien admettre que je n’ai aucun souvenir de l’intrigue ou des personnages. La seule chose qu’il m’en reste, c’est un joli souvenir de spleen que j’ai retrouvé dans plusieurs de ses livres. Il y est souvent question de décès et de deuils, et de surnaturel, mais cela parle beaucoup de la vie aussi. C’est en tout cas une bonne porte d’entrée pour la littérature japonaise.

Quelques lignes...

Partie seule pour quelques jours, sans but précis, je marchais cet après-midi-là sur un chemin de montagne, parallèle à la route nationale. C’était un sentier agréable, enfoui dans la verdure. Je venais de m’y engager, le regard attiré par la beauté des jeux d’ombre et de lumière. J’étais encore tout à fait insouciante comme avant une simple promenade.
Ce sentier, fléché comme itinéraire de randonnée, devait bientôt, d’après la carte, rejoindre la route nationale. Il faisait une douceur printanière, et je marchais d’un pas léger dans la lumière de l’après-midi. Mais le chemin, de côte en côte, devenait plus escarpé que je ne l’avais pensé. J’avançais avec peine tandis que le soir tombait peu à peu. Dans le ciel indigo, l’étoile du Berger étincelait déjà d’une lueur aussi nette que celle
d’un diamant. Au couchant, une touche de rose pâle s’attardait encore à l’horizon. Les nuages de fin d’automne, s’effilochant en teintes douces, étaient sur le point de sombrer dans l’obscurité.

La lune venait de se lever. Elle était mince, aussi mince qu’un ongle. « À ce rythme-là, je ne suis pas encore arrivée à la ville », ai-je dit tout haut. Après une aussi longue marche en silence, j’avais presque oublié le son de ma voix. Mes genoux étaient engourdis, et je commençais à avoir mal aux doigts de pied. « Heureusement que j’ai réservé une chambre à l’hôtel. Dans une pension de famille, j’aurais raté l’heure du dîner. »
J’ai voulu téléphoner pour prévenir l’hôtel, mais au fin fond de ces montagnes mon portable ne marchait pas. J’avais faim. En principe, je devais bientôt atteindre la petite ville où j’avais retenu une chambre. « Une fois là-bas, je mangerais bien quelque chose de chaud », me suis-je dit, et j’ai légèrement hâté le pas.

Le mardi 25 mai 2010, par Angelina
Modification de l'article le : 26 mai 2010.

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