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Je viens de tuer ma femme

De : Emmanuel Pons
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Je viens de découvrir un petit livre bien fichu, agréable et pas idiot. C’est l’histoire d’un type qui vient de tuer sa femme. C’est un garçon impulsif, vous ne tarderez pas à vous en rendre compte.

D’abord, une petite pensée pour madame Pons

Qui qu’elle soit, elle n’a pas du être trop rassurée par le projet de ce livre. Le processus d’écriture a du être un moment angoissant ! Comment s’endormir paisiblement quand on partage sa vie avec quelqu’un qui écrit un livre pareil ?
Ce livre tient en deux parties. La première est un sommet d’humour noir.

Guns, guns, guns

L’Emmanuel Pons du roman, semble un peu déboussolé, soit par l’acte qu’il vient de commettre, soit par les onze années de vie commune qu’il vient de passer. Balloté au grès de sa propre logique, qui reste "rationnelle" dans sa folie meurtrière, Emmanuel traverse son petit bourg en semant la mort autour de lui. En tant que narrateur, Emmanuel nous fait partager sa dinguerie, au cours de la première partie du livre. La seconde partie est moins drôle mais plus sentimentale, plus basée sur l’expression un peu décalée de regrets. On ne peut pas rigoler tout le temps. Il y a un moment où il faut bien finir les livres.

Que dire de ce livre

Pour résumer et conclure, "Je viens de tuer ma femme" est un roman plein d’humour noir. Il m’a bien plu donc. Mais si vous, vous n’aimez pas l’humour grinçant autant que moi, sachez que ce petit livre court ne propose pas grand chose d’autre, et que par conséquent, vous allez rester sur votre faim.

Ps : Si un jour cette histoire est adaptée au cinéma, j’y verrais bien Albert Dupontel dans le premier rôle...

Quelques lignes...

J’ai dormi comme un bébé. Je n’ai pas eu froid au petit matin parce que personne n’a tiré la couette ni découvert mes épaules. Je n’ai pas été obligé de me lever à sept heures pour « montrer au voisin que ma femme n’a pas épousé un fainéant ». Et surtout, j’ai pu mettre plus de beurre que jamais sur pain, sans que « mon taux de cholestérol déraisonnable » n’altère mon plaisir.
Je me sens bien. Je m’habille coloré.

Je pense aux proches qu’il faudra prévenir. Sylvie attachait une grande importance à l’organisation de son enterrement. Je me souviens qu’elle n’invitait à la maison que les gens dont la présence à ses funérailles lui semblait certaine. Elle avait besoin d’être entourée. Par peur de perdre ses amis, elle leur pardonnait tous les écarts. Dommage qu’elle n’ait jamais fait preuve d’une telle mansuétude à mon égard ! Pour l’instant, ça ne sert à rien que je fasse cette liste, je n’ai toujours pas les timbres. Je vais plutôt dire bonjour à la défunte.

Je n’aime pas aller dans la buanderie. Il y fait moite. Il règne autour des machines une odeur de lessive chaude qui me rappelle la teinturerie de mon enfance. Je n’aimais pas la dame qui la tenait. Elle avait un gros chien qui déambulait au milieu des machines et me sautait dessus dès que j’entrais. « Il n’est pas méchant, il veut jouer », disait la teinturière tandis que j’essuyais la bave de son berger et ses traces de pattes sur mon pantalon. Elle a vendu sa boutique à un couple de Chinois sans histoire et sans chien, mais l’odeur de lessive et l’humidité ont subsisté. J’ai toujours l’impression que l’animal va surgir quand j’ouvre la porte de la buanderie, mais cette fois, j’entre avec plaisir : Sylvie se tient sage, roulée dans son tapis, entre la machine à laver et le sèche-linge.
On peut enfin discuter calmement, Sylvie. Tu la ramènes moins, maintenant... Qui c’est qui l’a eu, cette fois, le dernier mot, hein ? C’est ton Bibi. Et qui c’est qui va me foutre la paix ? C’est ma Sissi. Je peux faire gueuler la musique, là, qu’est ce que tu vas dire ? Rien. Je peux commencer par le dessert, mettre plain de beurre pour cuire la viande, enfumer la maison de saumon grillé... Qu’est ce que tu vas faire ? Rien.

Le lundi 20 juin 2011, par Angelina
Modification de l'article le : 26 juin 2011.

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