L’intrigue se déroule au début des années 20. Le jeune David, écrivain tire le diable par la queue et sa carrière végète. Pour s’en sortir, il fait des piges dans un journal, puis publie des feuilletons pour une maison d’édition vérreuse. C’est alors qu’il fait la rencontre d’un éditeur mystérieux, Andréas Corelli, qui lui promet monts et merveilles à condition que David écrive un livre de commande. Un ouvrage qui s’avèrera bien étrange…
L’ombre du vent avait ceci de singulier : la ville de Barcelone y joue un rôle central, c’est quasiment un personnage du livre. Zafón réussit à donner une atmosphère mystérieuse à une ville qui s’y prête à priori peu. Barcelone n’est pas Londres et se faire égorger dans le London Docklands un soir de fog, ça me semble raccord avec le décor. Se faire tuer près des remblas après l’heure des tapas un soir de match, on a beau dire ça le fait moins. Certaines villes sont faites pour le mystère, d’autres moins. Enfin, avec ce livre Zafón m’a prouvé que ce n’était pas si vrai que ça. L’ambiance que Zafón a crée m’a fait penser à Bram Stocker, ou au Stevenson de L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde.
Carlos Ruiz Zafón, comme dans l’ombre du vent, n’est pas avare de sa plume. Les longues descriptions et les intrigues un peu annexes restent dans ce deuxième roman et commence à trahir une mécanique bien huilée. Zafón est le genre d’auteur que je n’imagine pas sécher devant une page blanche. Ses ouvrages sont prolifiques et pourtant à aucun moment je ne me suis ennuyé. L’ombre du vent me semble un peu supérieur au « jeu de l’ange » mais rien que pour le plaisir de retrouver la librairie Sempere et fils, ainsi que le cimetière des livres oubliés, cette lecture vaut le coup.

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