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L’éternité n’est pas si longue

...Un petit peu tout de même

De : Fanny Chiarello
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Fanny Chiarello raconte dans son roman l’éternité n’est pas si longue, les errements de Nora, une jeune femme excentrique et débordante d’imagination qui se trouve confrontée ni plus ni moins qu’à la fin du monde. Cette extinction prend la forme d’une épidémie de variole.

Une belle première partie

Récit à la première personne, l’éternité n’est pas si longue débute très fort. J’ai été tout de suite séduite par le ton de Nora, son espièglerie et son humour, et la manière de présenter ses propres défauts sans concession. Elle nous dresse le portrait d’un quotidien qu’elle partage avec ses trois indéfectibles amis et sa petite amie envers laquelle elle nourrie quelques complexes.

Outre le ton caustique et plaisant de Nora, on notera la manière de présenter son homosexualité comme un non-sujet. C’est difficile à expliquer mais c’est en lisant ce livre qu’on se rend à compte que dans un autre roman, écrit par un autre, on aurait pris quelques détours voir quelques précautions pour présenter la chose. Ici elle est exposée de façon radicalement factuelle, manière de dire que cela ne fait pas débat. Pas si fréquent et bien vu donc.

Et la fin du monde dans tout ça ?

Pour revenir à l’épidémie de variole et au chaos qu’elle engendre, ce fût pour moi un sujet de déception. Parce que au final, le thème est assez peu traité. Pour éviter la contamination, Nora reste cloitrée chez elle a noircir du papier. Elle se raconte de petites histoires, laisse voguer son imagination, mais finalement cela tourne assez vite en rond, et l’histoire fait du sur place.

C’est bien dommage car c’est très bien écrit et on aimerait avoir un peu plus de grain à moudre, de situations à découvrir. Mais non. Le roman reste totalement centré sur la personne de Nora, planquée au fond de son logement. Pire, l’héroïne se lamente de plus en plus au fur et à mesure que le roman s’achève et finit par lasser. Au final, on s’ennuie.

A lire malgré tout pour les 100 première pages qui sont pleines fraicheur et d’originalité. Pour le reste vous jugerez.

A noter également qu’un fin du livre, Fanny Chiarello semble faire elle même la propre critique de son livre « Nos romans sont mal ficelés, les intrigues inconsistantes, leurs intention pour le moins obscures ; un certain nombre de digressions (parfois des chapitres entiers) plombent l’ensemble, leur but échappant à la lecture la plus attentive... » Bon..., tout n’est pas faux mais elle en rajoute un peu. Le livre vaut mieux que cela.

Quelques lignes...

Ça peut sembler cynique ou malsain, mais il est difficile de ne pas éprouver une forme de fierté quand on a tutoyé la mort, bien que l’exploit soit de toute évidence purement médical ; les gens parlent de miracle, mais ils devraient plutôt juger remarquable que la médecine sache vous retricoter quatre-vingt-dix-neuf pour cent de la vie à partir d’un seul, et qu’il existe des diplômes pour ça. Un pour cent de chance d’en sortir, voilà ce qu’il me restait, pas cinquante, pas quinze : un. Les chiffres me portaient en triomphe : trois arrêts cardiaques, cinq séances de caisson hyperbare - c’est très rare qu’on en fasse autant, la plupart du temps on laisse tomber après la troisième. Je hochais la tête, fascinée - et toute cette gloire, elle était à moi. Moi, revenue victorieuse de ce que ne verriez sans doute qu’une fois et dont vous n’aurez plus jamais ensuite l’occasion de parler à qui que soit, dont vous ne seriez donc jamais autant fondé à parler que moi, le sein droit à l’air tandis que je finissais laborieusement un petit-suisse. Moi, décharnée, désincarnée, ayant eu le courage d’aller chercher la sagesse au seul véritable endroit où l’on peut la trouver, même si ce n’était pas mon but et même si je ne suis plus capable de me rappeler d’où m’est venu ce courage ni pourquoi, pourquoi ce jour là.

« Le premier soir, ils nous ont laissé te voir parce qu’ils pensaient que tu ne passerais pas la nuit » - je me battais alors avec une entité qui était bien plus qu’un tube enfoncé dans ma gorge, je vous le parie : ça ne pouvait pas être aussi trivial, rappelez-vous ce que j’ai frôlé. J’avais été l’héroïne inerte de l’aventure la plus limite, et aujourd’hui seul un mort pouvait prétendre avoir été plus loin que moi.

Le lundi 18 avril 2011, par Angelina
Modification de l'article le : 18 novembre 2012.

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