Une belle première partie
Récit à la première personne, l’éternité n’est pas si longue débute très fort. J’ai été tout de suite séduite par le ton de Nora, son espièglerie et son humour, et la manière de présenter ses propres défauts sans concession. Elle nous dresse le portrait d’un quotidien qu’elle partage avec ses trois indéfectibles amis et sa petite amie envers laquelle elle nourrie quelques complexes.
Outre le ton caustique et plaisant de Nora, on notera la manière de présenter son homosexualité comme un non-sujet. C’est difficile à expliquer mais c’est en lisant ce livre qu’on se rend à compte que dans un autre roman, écrit par un autre, on aurait pris quelques détours voir quelques précautions pour présenter la chose. Ici elle est exposée de façon radicalement factuelle, manière de dire que cela ne fait pas débat. Pas si fréquent et bien vu donc.
Et la fin du monde dans tout ça ?
Pour revenir à l’épidémie de variole et au chaos qu’elle engendre, ce fût pour moi un sujet de déception. Parce que au final, le thème est assez peu traité. Pour éviter la contamination, Nora reste cloitrée chez elle a noircir du papier. Elle se raconte de petites histoires, laisse voguer son imagination, mais finalement cela tourne assez vite en rond, et l’histoire fait du sur place.
C’est bien dommage car c’est très bien écrit et on aimerait avoir un peu plus de grain à moudre, de situations à découvrir. Mais non. Le roman reste totalement centré sur la personne de Nora, planquée au fond de son logement. Pire, l’héroïne se lamente de plus en plus au fur et à mesure que le roman s’achève et finit par lasser. Au final, on s’ennuie.
A lire malgré tout pour les 100 première pages qui sont pleines fraicheur et d’originalité. Pour le reste vous jugerez.
A noter également qu’un fin du livre, Fanny Chiarello semble faire elle même la propre critique de son livre « Nos romans sont mal ficelés, les intrigues inconsistantes, leurs intention pour le moins obscures ; un certain nombre de digressions (parfois des chapitres entiers) plombent l’ensemble, leur but échappant à la lecture la plus attentive… » Bon…, tout n’est pas faux mais elle en rajoute un peu. Le livre vaut mieux que cela.

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