le premier prix du livre numérique
Coorganisé par l’express et sony, ce prix a vu s’affronter dix romans sur le thèmes de lectures de l’imaginaire. J’ai lu ces dix romans et j’ai pu y faire quelques belles découvertes. Le prix était placé sous le signe de la littérature de l’imaginaire, thème un peu bancal et fourre-tout, ce qui a un peu nuit à mon sens à la pertinence de la sélection. A ce compte là, n’importe quel roman pouvait prétendre entrer dans la sélection. Mais bon.
La séléction était composée de :
- Seul à Savoir de Patrick Bauwen
- L’Eternité n’est pas si longue de Fanny Chiarello
- Lux Tenebrae de Giacometti et Ravenne
- Cytheriae de Charlotte Bousquet
- Rosée de feu de Xavier Mauméjean
- Mémoires de la jungle de Tristan Garcia
- Siècle Bleu de Jean Pierre Goux
- Cleer de Laure et Laurent Kloetzer
- Les aigles puent de Lutz Bassman
- La Ballade de Lila K de Blandine Le Callet
Pour en revenir à Lila K
La ballade de Lila K, c’est une histoire triste : La petite Lila est mise sous la tutelle dans un foyer social pour les mineurs en danger. Le lien avec sa maman a été juridiquement rompu suite à de mauvais traitements. L’enfant a été retrouvée amaigrie et sale, au milieu d’immondices qui tapissait le fond d’un placard dans lequel elle restait enfermée jour et nuit. L’affection que Lila porte à sa mère ne se démentira pourtant pas, et elle n’aura de cesse de chercher a quitter le centre pour partir sur ses traces. Ce qui ne sera pas une mince affaire, puisque aucune information sur sa mère ne lui sera donnée. Elle pourra toutefois compter sur le directeur de l’établissement qui, pris d’affection pour elle, lui montrera la voie.
Voici pour l’intrigue générale du roman, mais pour être complet, il faut ajouter que Blandine le Callet a lui la bonne idée de situer son intrigue dans un monde proche du notre, mais futuriste. La société qu’elle dépeint n’est pas plus réjouissante que la vie personnelle de Lila. C’est en fait une société totalitaire qui a réussit à faire accepter la vidéo surveillance partout, même au sein des foyers. Dans cette société, les chats génétiquement modifié sont multicolores et les livres sont suspects. On oriente les gens plutôt vers des liseuses électroniques, car l’encre serait cancérigène dit-on… Les autorités peuvent ainsi effectués quelques coupes dans les textes trop sulfureux. Commode non ?
Alors avoir donné le prix du livre numérique a un roman qui les présente plutôt sous un angle négatif, je trouve que c’est courageux. Outre ce fait, on peut également reconnaitre à La ballade de Lila K des dons d’équilibristes : sur une corde raide, elle évite les écueils du pathos gluant et de la SF qui n’a rien à dire. Elle navigue joliment entre les deux sans jamais basculer vers l’un ou l’autre. résultat : un roman plein d’émotions, d’intelligence et de sensibilité. A lire absolument.

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