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La compagnie des menteurs

Thriller médieval réussi

De : Karen Maitland
Traduit par : Fabrice Pointeau
Titre original : Company of liars
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La compagnie des menteurs, c’est un groupe hétéroclite de laissés pour compte qui traverse un royaume d’Angleterre rongé par la peste. Leur but est de gagner le nord du pays à la recherche d’un climat suffisamment rude pour les protéger de la contagion. Mais dans cette course poursuite contre l’épidémie, les neuf personnages qui composent la compagnie fuient également un passé trouble. Ils fuient aussi un tueur qui les piste et les châtie les uns après les autres.

La compagnie des menteurs, c’est le second livre de Karen Maitland, dont le premier roman, The white room, s’est fait remarquer en 1996. La compagnie des menteurs prend pour cadre l’Angleterre dont est originaire Karen Maitland, mais à l’époque médiévale.

Un petit mot sur l’intrigue

En 1348 le royaume est frappé par une terrible épidémie, la mort bleu. Au milieu de cette peste, neuf personnages se retrouvent rassemblés par au hasard des rencontres en une compagnie solidaire, qui préfèrent voyager en groupe, afin de se prémunir les uns des autres des dangers de la route.

Ces neuf personnages sont tous des parias qui survivent tant bien que mal autour des foires de villages, en vendant des reliques, en lisant dans les runes, en jouant de la musique aux passants, ect. A chaque personnage sa spécialité. A chacun aussi son secret trop lourd à porter, qui justifie sa présence le long des routes. Chaque membres de la compagnie des menteurs a quelque chose ou quelqu’un à fuir.

Les choses s’enveniment lorsqu’un premier membres est retrouvé pendu dans la forêt. Un second décède bientôt. Et puis il y a ce loup qui hurle chaque nuit et qui semble les suivre dans le périple, et qui se manifeste presque chaque nuit. Sont-ils pistés par un tueur ? Et pour quelle raison ?

Fog and trees and sheep

Pas vraiment un polar

Le livre de Karen Maitland n’est pourtant pas un polar. Les premiers décès arrivent assez tardivement dans le déroulement de l’histoire. Et puis l’intrigue comporte également des éléments surnaturels.

Un roman captivant

Le cadre moyenâgeux est la plus grande réussite de ce livre. L’atmosphère médiévale est parfaitement rendue, en tout point conforme en tout cas à ce que l’on s’imagine. On pense d’emblée Au nom de la Rose d’Umberto Eco. L’atmosphère est pleine de mystère mais le réalisme est pourtant au rendez-vous. On s’y croirait et les descriptions des foires et marchés, des tavernes et de tout ce qui compose la société médiévale a un vrai parfum de crédibilité.
Une fois ferré par l’atmosphère qu’elle a su créer, Karen Maitland tient son lecteur en haleine jusqu’au coup de théâtre final.

Quelques lignes...

Narigorm avait raison, naturellement, et avant que la nouvelle lune ne se lève, aussi tranchante que la faux de la mort, notre compagnie était une fois de plus sur la route. Je savais que je ne pouvais pas blâmer l’enfant ; comment aurait-ce pu être sa faute ? Elle avait simplement dit ce qu’elle avait lu dans ses runes. Y pouvait-elle quelque chose si les runes annonçaient le malheur ? Et pourtant, je la blâmais. Je sentais, bien que j’eusse été incapable de dire comment, qu’elle avait été l’instigatrice aussi bien que la messagère.

Mais en vérité, la nature humaine était la seule responsable de notre infortune. Quand Adela et moi avions regagné l’auberge ce soir-là, il y avait déjà de l’orage dans l’air. Une délégation de vendeurs d’emblèmes était allée voir les officiels du sanctuaire pour protester à propos des jouets d’Osmond. Les pèlerins les achetaient à la place des emblèmes officiels en fer-blanc qui étaient sanctifiés et bénits par le clergé. Le prêtre en charge du sanctuaire avait pris l’affaire en main et arbitrairement décrété que puisque les jouets d’Osmond s’inspiraient de la légende de John Shorne, ce dernier devait payer au sanctuaire un impôt correspondant à la moitié du prix de chaque jouet vendu. C’était le double de ce que les vendeurs d’emblèmes payaient au clergé pour acheter leur concession et Osmond, son sang de saxon bouillonnant dans ses veines, avait juré qu’il préférerait briser lui-même chacun de ses jouets plutôt que de leur donner un penny. Le prêtre avait haussé les épaules : Osmond pouvait soit briser ses jouets, soit payer, ça lui était parfaitement égal – dans un cas comme dans l’autre son problème avec les vendeurs d’emblèmes était résolu.

Bien qu’il fût clair qu’Osmond allait devoir se trouver une autre activité si nous restions, tout aurait encore pu aller pour le mieux s’il n’y avait eu Jofre. Le lendemain soir, alors que Rodrigo et lui jouaient à l’auberge, trois hommes firent irruption et, avant que quiconque ait pu les arrêter, entrainèrent Jofre dehors. Lorsque nous sortîmes à notre tour, deux grands gaillards l’avaient plaqué contre le mur de l’auberge et un troisième, un petit homme au visage de furet, chatouillait de la pointe de son couteau la gorge de Jofre qui se débattait en vain.

Rodrigo comme un taureau et se précipita vers eux, mais Face-de-furet ne bougea pas. Il enfonça la pointe de son couteau sous le menton du garçon jusqu’à faire apparaître un minuscule filet de sang. Jofre haleta et cessa aussitôt de se débattre, n’osant bouger un muscle de peur que la lame ne s’enfonce plus loin.
« Reculez. Un pas de plus et son compte est bon. »

Le lundi 13 juin 2011, par Angelina
Modification de l'article le : 20 février 2012.

Réactions

  • visiteurs

    La compagnie des menteurs

    par Readpocket - 24 juin 2011 21-37

    Il a l’air trés bien ce roman, il me fait envie ! Un Sonatine en plus , c’est signe de bone qualité :)

    Voir en ligne : http://read-pocket.blogspot.com

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  • La compagnie des menteurs

    par Angelina Jelis - 24 juin 2011 23-57

    Sonatine, c’est une première pour moi. Mais il faut reconnaître que ce roman est une belle trouvaille, je regarderai ce qu’ils font, ça vaut peut être le coup. ;-)

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  • visiteurs

    La compagnie des menteurs

    par Marie - 21 juillet 2011 10-15

    Merci pour ton commentaire sur mon jeune blog, livresbymarie ! Cela m’a permis de venir faire un tour chez toi... et je retiens ce livre pour ma liste de lecture, il a l’air très chouette !
    A bientôt,
    Marie

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