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La conspiration des ténèbres

Livre culte

De : Theodore Roszak
Traduit par : Edith Ochs
Titre original : Flicker
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Ne pas se fier à la couverture qui fleure bon le nanar conspirationniste et qui laisse augurer le pire, la conspiration des ténèbres mériterait un meilleur titre. A travers le parcours de Jonathan Gates, Theodore Roszak dresse un tableau érudit sur l’histoire du cinéma et surtout de l’environnement sociologique qui gravite autour. C’est brillamment fait et on ne s’ennuie pas une seconde, (alors que l’histoire du cinéma, logiquement, ça aurait du me barber...).

La conspiration des ténèbres, c’est le parcours d’un étudiant en cinéma qui passe le plus clair de son temps dans une salle d’art et d’essai, où il est l’homme à tout faire ; il y tient même le rôle d’amant de la patronne. Alors que la salle fonctionne cahin-caha et que Clare (c’est la patronne) et lui essaie tant bien que mal de rassembler des films interressants à diffuser, ils tombent sur un film étrange. Ils n’ont jamais entendu parlé du réalisateur, un certain Max Castle. Après quelque recherches ils découvrent qu’il s’agit d’un allemand qui réalise principalement des séries B et des films d’horreurs. Ses films sont aussi dérangeants que brillants et réussis sur le plan technique. Subjugué, Jonathan décide de mener une étude approfondie de son œuvre. Ses recherches le mèneront beaucoup plus loin qu’une simple étude universitaire ne le ferait habituellement.

Souvent je me gronde : « pourquoi lire encore un polar » ; je m’invective. Il y a tellement de classique que je n’ai pas lu, tant d’auteurs du bout du monde à connaître. Je n’ouvre un essai que fort rarement, et en soupirant au bout de trois pages en plus. Bref, je vis le polar comme une forme de paresse. Trop souvent, il faut le reconnaître, à part le nom de l’assassin, on y apprend pas grand chose. La conspiration des ténèbres a le mérite de m’avoir complètement déculpabilisée : Un pavé de 800 pages qui traite en grande partie du cinéma de l’entre deux guerre, c’est peu vendeur. Alors pas de quoi rougir. D’autant que, en vrai, c’est un pur plaisir ce roman. Il a quelque chose d’envoutant et d’indéfinissable et la conclusion m’a beaucoup séduite. A ne pas manquer à mon avis.

Quelques lignes...

J’ai vu mon premier film de Max Castle dans un sous-sol pouilleux de Los Angeles Ouest. Personne de nos jours ne songerait à installer un cinéma dans un trou pareil. Mais à l’époque – au milieu des années cinquante-, cet humble local abritait la meilleur salle « à l’ouest de Paris ».

Les mordus de vieux films se souviennent encore du Classic, un petit temple légendaire du septième art, discrètement calé entre le Moishe’s Strictly Kosher Deli et les Meilleurs Occasions au meilleur prix. A présent, revenant sur le passé vingt ans après, je me rends compte à quel point le fait que ma première rencontre avec le grand Castle se soit produite en un lieu qui évoquait une crypte n’aurait pu mieux tomber. C’était un peu comme découvrir le Christ dans les catacombes bien avant que la croix et les évangiles deviennent la lumière du monde. J’y vins tel un néophyte ébahi, errant dans les limbes d’une fois informe, pour rencontrer... quoi ? Non pas un signe annonciateur de l’avènement du royaume et de la gloire. Seulement une sourde rumeur de miracles, un rite venu d’ailleurs, un symbole indéchiffrable griffonné sur le mur décrépi. Cependant, dans les tréfonds de son être, l’homme en recherche sent s’éveiller sa foi. Il devine le grand mystère avide tapi devant lui au milieu des gravats et des crottes de rat. Il reste pour gouter au saint sacrement. Transfiguré, il rejoint le monde extérieur porteur d’une parole apocalyptique.

Le mardi 23 février 2010, par Angelina
Modification de l'article le : 23 février 2010.

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