La conspiration des ténèbres, c’est le parcours d’un étudiant en cinéma qui passe le plus clair de son temps dans une salle d’art et d’essai, où il est l’homme à tout faire ; il y tient même le rôle d’amant de la patronne. Alors que la salle fonctionne cahin-caha et que Clare (c’est la patronne) et lui essaie tant bien que mal de rassembler des films interressants à diffuser, ils tombent sur un film étrange. Ils n’ont jamais entendu parlé du réalisateur, un certain Max Castle. Après quelque recherches ils découvrent qu’il s’agit d’un allemand qui réalise principalement des séries B et des films d’horreurs. Ses films sont aussi dérangeants que brillants et réussis sur le plan technique. Subjugué, Jonathan décide de mener une étude approfondie de son œuvre. Ses recherches le mèneront beaucoup plus loin qu’une simple étude universitaire ne le ferait habituellement.
Souvent je me gronde : « pourquoi lire encore un polar » ; je m’invective. Il y a tellement de classique que je n’ai pas lu, tant d’auteurs du bout du monde à connaître. Je n’ouvre un essai que fort rarement, et en soupirant au bout de trois pages en plus. Bref, je vis le polar comme une forme de paresse. Trop souvent, il faut le reconnaître, à part le nom de l’assassin, on y apprend pas grand chose. La conspiration des ténèbres a le mérite de m’avoir complètement déculpabilisée : Un pavé de 800 pages qui traite en grande partie du cinéma de l’entre deux guerre, c’est peu vendeur. Alors pas de quoi rougir. D’autant que, en vrai, c’est un pur plaisir ce roman. Il a quelque chose d’envoutant et d’indéfinissable et la conclusion m’a beaucoup séduite. A ne pas manquer à mon avis.

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