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La route

Au bout du chemin...

De : Cormac McCarthy
Traduit par : François Hirsch
Titre original : The road
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Un père et son fils suivent une route en direction du sud, traversant un univers horrible et désolé, où la violence est partout et où chaque rencontre peut être fatale. Le sud sera probablement aussi invivable et atroce que le nord, mais au moins auront-ils moins froid.

Voilà la rapide esquisse d’une situation dont il nous manque les tenants et les aboutissants. Ni les circonstances du cataclysme, ni les noms et l’histoire des personnages ne nous sont connus. Tout ce que l’on sait c’est que l’homme et son petit ont toutes les peines du monde à se nourrir et se chauffer.

Ils doivent se cacher des hordes de survivants esclavagistes et anthropophages. Leur existence est un cauchemar sans fin. Pour l’homme, la survie de son fils est le but ultime mais également un terrible fardeau.

Bien maigrement équipé, il possède tout de même un revolver et deux balles. La question de l’espoir ou du renoncement se pose presque à chaque page, c’est l’interrogation perpétuelle du père : aura-t-il la force de continuer ?

Peu de livre comme la route m’ont laissé une telle trace. Une lecture forte. Aborder la question des relations père fils n’est pas facile, le lien est trop subtil et délicat pour que le quidam moyen en rende compte avec justesse. McCarthy a atteint dans l’exercice un niveau qu’il sera difficilement égalé, mais en plus, il en fait une poignante parabole sur la marche d’une humanité précaire et menacée.

Un livre "top" !

Quelques lignes...

Quand il se réveillait dans les bois dans l’obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l’enfant qui dormait à son côté. Les nuits obscures au-delà de l’obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d’avant. Comme l’assaut d’on ne sait quel glaucome froid assombrissant le monde sous sa taie. A chaque précieuse respiration sa main se soulevait et retombait doucement. Il repoussa la bâche en plastique et se souleva dans les vêtements et les couvertures empuantis et regarda vers l’est en quête d’une lumière mais il n’y en avait pas.

Dans le rêve dont il venait de s’éveiller il errait dans une caverne où l’enfant le guidait par la main. La lueur de leur lanterne miroitait sur les parois de calcite mouillées. Ils étaient là tous deux pareils aux vagabonds de la fable, engloutis et perdus dans les entrailles d’une bête de granit. De profondes cannelures de pierre où l’eau tombait goutte à goutte et chantait. Marquant dans le silence les minutes de la terre et ses heures et ses jours et
les années sans s’interrompre jamais. Jusqu’à ce qu’ils arrivent dans une vaste salle de pierre où il y avait un lac noir et antique. Et sur la rive d’en face une créature qui levait sa gueule ruisselante au-dessus de la vasque de travertin et regardait fixement dans la lumière avec des yeux morts blancs et aveugles comme des œufs d’araignée.

Voir en ligne : A lire aussi la critique de livrogne.com

Le samedi 13 mars 2010, par Angelina
Modification de l'article le : 17 mai 2012.

Réactions

  • visiteurs

    La route

    - 19 mai 2010 13-04

    En effet, parvenir à diffuser autant d’émotions avec un style épuré, répétitif, presque lancinant, m’a laissée stupéfaite. Nul doute que le talent...c’est ça.
    Par ailleurs j’ai particulièrement apprécié les ouvertures que l’auteur ménage pour ses lecteurs : chacun pourra poursuivre - la route- selon ses convictions, selon ses espérances, selon sa nature profonde.

    Josy MP. (Livrogne.com - Lascavia.com)

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    • La route

      par Angelina Jelis - 19 mai 2010 21-40

      Je suis tout à fait d’accord. la fin est ambiguë, on peut en penser ce qu’on veut. C’est très réussit. j’ai vu le film également, que j’ai trouvé réussi même si les scénaristes ont anéanti la scène finale.

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