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Le guerrier solitaire

un été pourri pour Kurt Wallander

De : Henning Mankell
Traduit par : Christofer Bjurström
Titre original : Villospår
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La petite ville d’Ystad en Suède va connaitre son pire été en cette année 1994. C’est d’abord une jeune fille terrifiée qui préfère s’immoler par le feu, plutôt que d’être approchée par la police. C’est ensuite une série de meurtres barbares aux rituels étranges qui secoue la communauté. Le tueur emporte les scalps de ces victimes.

Un polar scandinave

Dans la région la plus méridionale de la Suède, en Scanie, la ville d’Ystad s’apprête à vivre un été tranquille. L’inspecteur Wallander attend ses vacances en s’occupant d’une affaire de trafic de voitures volées lorsqu’il reçoit un appel énigmatique. Un cultivateur de Colza a retrouvé dans son champs une jeune femme dont le comportement est étrange. Elle a passé la journée dans le champs et refuse qu’on l’approche. Le fermier est dubitatif et vaguement inquiet pour cette femme, il préférerait qu’on envoie une patrouille. Wallander décide de s’en occuper et une fois sur place, la jeune femme semble terrorisé. Wallander tente de s’approcher mais la jeune femme est si apeurée qu’elle préfère s’immoler par le feu, sans lui en laisser le temps.

Le lendemain et alors que Wallander est encore sous le choc, on retrouve le cadavre de l’ancien ministre de la Justice, abandonné sous une barque. Tué à coup de hache avec une grande sauvagerie, l’homme a également été scalpé. C’est le début d’une terrible enquête et d’un été pourri pour l’inspecteur Wallander.

La vraie réussite de ce roman c’est le « hors champs » de l’enquête. Wallander ne passe pas tout son temps à traquer le tueur. C’est aussi un père, un fils, un amant. Les relations avec sa fille, avec son père qui perd un peu la tête tiennent une grande place dans ce livre, et donne l’occasion à l’auteur de nous décrire la société suédoise, loin du modèle idéal qu’on nous présente parfois. L’intrigue est bien menée, et c’est un roman que je recommande sans état d’âmes. Si vous avez aimé Millénium de Stieg Larsson, ou les romans d’Arnaldur Indridason, vous devriez retrouver dans le Guerrier solitaire cette ambiance particulière des polars nordiques et faire en plus une belle découverte.

Henning Mankell

Henning Mankell est un écrivain suédois reconnu internationalement pour sa série sur l’inspecteur Wallander. Mais c’est aussi un homme engagé qui a participé à l’expédition humanitaire en faveur de Gaza et qui s’est soldé par le retentissant abordage Israélien, des six bateaux affrétés par Free Gaza. L’armée Israélienne a donné l’assaut le 31 mai 2010 et neuf personnes ont été tuées durant l’abordage du Mavi Marmara, le cargo le plus important de la flottille. Henning Mankell, suite à cet événement, a publié un texte qui a été repris par plusieurs journaux de par le monde (Libération en France).

Dans les polars de Mankell, la psychologie joue un rôle important et l’inspecteur Wallander se trouve, de roman en roman, de plus en plus désabusé et déprimé par les changements de la société suédoise : individualisme, manque de solidarité, libéralisme économique, violences. Voici quelques uns des maux avec lesquels Mankell crée le liant et la pâte de ses romans.

Outre le polar, Mankell a également la passion du théâtre et a écrit plusieurs pièces. Il dirige au Mozambique (ou il reside 6 mois dans l’année) la seule troupe de théâtre professionnelle du pays : le teatro avenida.

La série des Kurt Wallander :

  • Meurtriers sans visage
  • Les Chiens de Riga
  • La Lionne blanche
  • L’Homme qui souriait
  • Le Guerrier solitaire
  • La Cinquième Femme
  • Les Morts de la Saint-Jean
  • La Muraille invisible
  • La Pyramide
  • Avant le gel

L’avis des autres

Quelques lignes...

Prologue

Peu avant l’aube, Pedro Santana fut réveillé par la lampe à pétrole qui fumait. Il ouvrit les yeux avec la sensation de ne pas savoir où il se trouvait. Il avait été arraché à un rêve dont il ne voulait pas perdre le fil. Il parcourait un étrange paysage montagneux, où l’air était très léger, et il lui semblait que tous ses souvenirs l’abandonnaient. La lampe à pétrole qui fumait s’était immiscée dans sa conscience comme une lointaine odeur de cendre volcanique. Mais il avait soudain entendu un halètement de souffrance. Et son rêve
s’était brisé, le contraignant à revenir dans la pièce sombre où il venait de passer six jours et six nuits sans jamais dormir plus de quelques minutes d’affilée.

La lampe à pétrole venait de s’éteindre. Autour de lui, tout n’était qu’obscurité. Il resta assis sans bouger. La nuit était très chaude. La sueur collait à sa chemise. Il
s’aperçut qu’il sentait mauvais. Cela faisait longtemps qu’il n’avait plus la force de se laver.

Il entendit à nouveau le halètement. Il se leva avec précaution et avança à tâtons sur le sol de terre battue pour chercher le bidon de pétrole à côté de la porte. En progressant dans le noir il remarqua qu’il avait dû pleuvoir pendant son sommeil. Le sol était humide sous ses pieds. Il entendit un coq chanter dans le lointain. Il savait que c’était le coq de Ramirez. Dans le village, il était toujours le premier à chanter, avant l’aube. Ce coq était comme un humain impatient. Comme ceux de la ville, qui ont toujours l’air d’avoir tant à faire qu’ils n’ont jamais que le temps d’entretenir leur propre frénésie. Ce n’était pas comme ici au village, où tout allait lentement, au vrai rythme de la vie. Pourquoi les hommes devraient-ils courir alors que les plantes qui les nourrissent poussent si lentement ?

Sa main heurta le bidon. Il retira le morceau de tissu enfoncé dans le goulot et se retourna. Les halètements dans l’obscurité se firent plus irréguliers. Il trouva la
lampe, en retira le bouchon et y versa doucement du pétrole. Puis il essaya de se rappeler l’endroit où il avait posé la boîte d’allumettes. Il se souvenait qu’elle était presque vide. Mais il devait rester deux ou trois allumettes. II reposa le bidon un peu plus loin et chercha par terre avec les mains. Presque aussitôt ses doigts heurtèrent la boîte. Il gratta une allumette, souleva le verre et regarda la mèche s’allumer.

Puis il se retourna. Il fit demi-tour avec une extrême difficulté, car il ne voulait pas voir ce qui l’attendait.

La femme allongée sur le lit allait mourir. C’était ainsi, il le savait à présent, même s’il avait tenté jusqu’au dernier moment de se persuader qu’il s’agissait d’une crise passagère. Sa dernière tentative de fuite avait été dans le rêve. Maintenant, il ne pouvait plus fuir.

Le lundi 19 juillet 2010, par Angelina
Modification de l'article le : 15 juillet 2010.

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