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Le Montespan

"Versailles est un pays effroyable et il n’y a pas de tête qui n’y tourne"

De : Jean Teulé
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Après « Mangez-le si vous voulez », je me suis fait plaisir avec un nouveau livre de Jean Teulé. Le Montespan, raconte les infortunes du Marquis de Montespan, le malheureux mari de la favorite de Louis XIV.

Une histoire vraie

Lorsque Louis-Henri de Montespan épouse Françoise, c’est sans le sou. La famille du petit marquis est en disgrâce à la cour depuis des lustres et Françoise n’est pas plus riche que son mari. Malgré leurs dettes et leurs soucis financiers, ils vivent heureux, sincèrement amoureux l’un de l’autre.

Pour éviter malgré tout la banqueroute, le marquis de Montespan s’endettent un peu plus pour s’offrir une compagnie de piquiers afin de combattre aux côtés du Roi. Il espère ainsi se faire remarquer et peut être pouvoir revenir en grâce auprès du monarque. Mais c’est peine perdue et Montespan rentre plus fauché que jamais.

Du côté de Françoise, les nouvelles sont meilleures. Autant par sa beauté que par son esprit, elle parvient à se faire un nom auprès de la Reine, puis pendant l’absence de son mari parvient à devenir la maitresse du Roi. De retour de campagne, le marquis qui n’a pas vu sa femme depuis onze mois, la retrouve enceinte...

Pour le mari trompé cette blessure d’orgueil pourrait s’avérer fort lucrative et beaucoup de courtisans envient le cocu dont la femme a su si bien se placer. D’autant que l’influence de la marquise sur le souverain est grande. Mais à la surprise générale, le marquis ne se résout pas à ce cocufiage et contestera sans relâche les libertés prises par le Roi sur son épouse. Révolutionnaire avant l’heure, Montespan ne se soumet pas à la monarchie de droit divin. Il ira même jusqu’à fréquenter les maisons closes afin d’y attraper quelques maladies honteuses, pour les refiler au Roi par l’intermédiaire de sa femme.

Aussi instructif que plaisant

L’écriture est un peu crue par moment, mais le livre reste savoureux d’un bout à l’autre car Jean Teulé réussit à rendre Montespan attachant dans son rôle de pot de terre. Les situations sont souvent cocasses et l’ironie et l’humour déployés par Teulé pour nous les raconter font mouche. Par ailleurs, on apprends beaucoup de choses étonnantes sur la vie de courtisan et sur les us et coutumes à Versailles. C’est même souvent assez salé. Bref, Le Montespan est un livre hautement recommandable.

Quelques lignes...

A soixante pas la minute et soutenue par le rythme. d’une musique militaire - tambours, hautbois, fifres et trompettes -, une troupe de piquiers avance au pas cadencé sous l’œil d’un capitaine à cheval : le marquis de Montespan.

Il observe ses soldats d’infanterie progressant sur La grande plaine entourée d’un plateau circulaire, boisé par endroits. Marsal, la ville fortifiée qu’il faudra prendre d’assaut, est au creux d’une cuvette naturelle.

Les hommes au pas décidé et sous le commandement de Louis-Henri sont des garçons de ferme lourdauds trouvés par un sergent recruteur de la région de Chartres. « Plusieurs d’entre eux seront certainement abattus... », avait émis Athénaïs. « Qu’ils meurent en remuant la terre devant une place ennemie ou en la remuant dans les champs de la Beauce, c’est toujours pour le service du roi », s’était débarrassé son mari d’un revers de phrase. Ces piquiers portent une pique de deux toises pour s’opposer à la cavalerie adverse. Lorsque les portes de la muraille vont s’ouvrir et que la cité lorraine donnera la charge, ils devront crever le ventre des chevaux profondément. Ça promet des jets de sang qui tachent les tissus et des déchirures dans de vêtements qui ont quand même coûté... Le marquis fait ses comptes.

La guerre est une entreprise ruineuse. L’aristocrate qui achète une charge militaire doit également financer la compagnie : prévoir chevaux de monture, des charrettes, des mules, ustensiles de ménage et de campement, tentes, lits, vaisselle. Les soldats d’un gentilhomme n’ont ni droit au « pain du roi » ni à l’uniforme payés sur son escarcelle personnelle. Louis-Henri regarde avancer ses Beaucerons.

Chacune de leur tenue gris de fer complète – veste, paire de culottes, bottes, cravate, casque -, ça fait dans les... mais il ne peut quand même pas leur crier : « Attention aux habits ! » Et puis ça bouffe aussi, un soldat qui va aller affronter un cheval : deux livres de
pain de munition, une livre de viande et une pinte de vin plus les cinq sols qu’on leur doit par jour. Ah, ce sont des frais !... D’autant que le marquis s’est aussi offert trois rangs de fusiliers - un qui tire, un prêt à tirer, un qui recharge son mousquet et tout le monde
qui avance à tour de rôle derrière les piquiers. Louis-Henri, sur un cheval blanc, leur commande de rester calmes et muets pour entendre les ordres, leur rappelle qu’on se bat en silence et que chaque homme doit toujours avoir une balle dans la bouche pour recharger plus vite.

Montespan, aux avant-postes, n’a pas peur en ce 2 septembre 1663. Et bien que ce soit sa première bataille, le soudain fougueux Gascon, étendard de taffetas au poing, ne rêve plus que d’en découdre. Il sait qu’il a, là, l’occasion de montrer sa bravoure et d’espérer, s’il n’est pas tué, quelques largesses financières de Sa Majesté finalement reconnaissante.

Le lundi 12 septembre 2011, par Angelina
Modification de l'article le : 18 novembre 2012.

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