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Le rapport de Brodeck

Difficile à oublier

De : Philippe Claudel
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Dans un village enclavé d’Europe de l’est, peuplé d’âmes frustres, arrive un étranger. L’inexplicable présence de cet excentrique dans une vallée si reculée, attisera tant la méfiance des habitants qu’il finiront par le tuer. Brodeck, celui qui a un peu d’instruction et une machine à écrire, sera chargé d’écrire le rapport et la justification des faits.

Une construction impeccable

Ce roman est d’abord une merveille d’équilibre dans sa rédaction. On oscille sans cesse entre le passé et le présent, manière pour Claudel d’étirer l’exposition des faits et les révélations sur Brodeck au maximum, sans pour autant jamais frôler l’ennui. La mise en abime de Brodeck, racontant l’écriture de son rapport, démontre encore un peu plus la virtuosité de l’ensemble.

Des âmes grises

Une ambiance délétère imprègne la vie de ce village et si les habitants sont esquissés par petites touches, ils finissent par dévoiler leur monstruosité de façon si éclatante, qu’on en garde une amertume tenace, plusieurs jours après la lecture. Ce n’est pas forcément agréable à lire, tant la noirceur de l’âme humaine y est brillamment révélée, mais arrêter la lecture est impossible. L’histoire de Brodeck est trop émouvante. A lire absolument

Quelques lignes...

Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.

Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. Ça suffira. Nous on ne sait pas faire cela. On s’embrouillerait, mais toi, tu diras, et alors ils te croiront. Et en plus, tu as la machine. » La machine, elle est très vieille. Plusieurs de ses
touches sont cassées. Je n’ai rien pour la réparer. Elle est capricieuse. Elle est éreintée. Il lui arrive de se bloquer sans m’avertir comme si elle se cabrait. Mais cela, je ne l’ai pas dit car je n’avais pas envie de finir comme l’Anderer.

Le lundi 3 mai 2010, par Angelina
Modification de l'article le : 3 mai 2010.

Réactions

  • visiteurs

    Le rapport de Brodeck

    par L’Ogresse - 19 mai 2010 19-23

    C’est vrai que c’est un roman difficile a lire mais qu’une fois lance, on ne peut plus le lacher !

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  • visiteurs

    Le rapport de Brodeck

    par noann - 19 mai 2010 21-40

    Moi j’ai adoré.

    Intensité, profondeur, descriptions.

    Du grand art je trouve.

    Je reproche juste quelques longueurs.

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  • Le rapport de Brodeck

    par Angelina Jelis - 19 mai 2010 21-50

    Je n’ai pas lu les âmes grises, mais beaucoup de gens semblaient reprocher à ce livre son style un peu ampoulé. Dans le rapport de Brodeck, cela ne m’a pas dérangé en tout cas. Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

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  • visiteurs

    Le rapport de Brodeck

    par amanda - 27 mai 2010 07-42

    oh que oui, ce roman est excellent, la petitesse des gens, la douleur de la mère, l’impuissance de Brodeck.. un grand souvenir

    Voir en ligne : http://www.amandameyre.com

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  • visiteurs

    Le rapport de Brodeck

    par noann - 4 juin 2010 09-38

    Oui en effet, dans les Ames grises, Claudel utilise un style qu’on pourrait dire "ampoulé" ou "emphatique", avec des effets qui peuvent paraitre lourds. Personnellement je n’ai pas aimé.

    Dans le Rapport de Brodeck, le style est moins "ampoulé" mais il subsiste des effets qui ne sont pas toujours de bon aloi. C’est moins flagrant que dans les Ames...

    Quant à la Petite fille de Mr Linh, c’est tout le contraire. On dirait que Claudel, comme pour faire taire les critiques, a allégé considérablement son écriture, qui en devient légère à l’extrême. Le lecteur peut alors se concentrer su l’essentiel.

    Noann

    Voir en ligne : http://livrogne.com

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  • visiteurs

    Le rapport de Brodeck

    par Indrouille - 9 juin 2010 19-41

    J’ai lu ce livre il y a quelque temps déjà et j’en étais tombé un peu amoureuse...
    L’histoire a quand même un côté effrayant, je trouve. Le village de Brodeck m’avait fait pensé à tout ces minuscules villages de campagne où tout le monde se connait.
    Enfin, c’est un livre magnifique et vraiment touchant.
    =)

    Voir en ligne : http://chapitre28.tumblr.com

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    • Le rapport de Brodeck

      par Angelina Jelis - 10 juin 2010 01-02

      Heuresement que tous les villages de campagne ne ressemblent pas à celui de Brodeck ! Son village a presque un côtè iréel tellement l’atmosphère y est pesante et inquietante.

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  • visiteurs

    Le rapport de Brodeck

    par Hervé GAUTIER - 23 juillet 2013 09-21

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