Page après page, Jean Teulé décortique la mécanique de cette mise à mort, découpée en station, comme un chemin de croix. Et on pense vraiment au chemin de croix parce que Alain de Monéys est un type irréprochable, qui aide les indigents, qui se soucie du bien public. Il a travaillé à un projet pour assécher les marais de Hautefaye. Il s’engage à partir se battre contre la Prusse alors qu’il pourrait payer quelqu’un pour partir se battre à sa place. C’était une pratique courante, car les hommes était appelé sur le front par tirage au sort, e on trouvait toujours quelqu’un pour partir à sa place contre en échange d’une somme d’argent. Bref Alain de Monéys est tout sauf un salaud, ce qui rend sa fin encore plus accablante. Seulement voilà, en 1870, après une sècheresse terrible et un guerre catastrophique avec la Prusse, la foule a besoin d’un bouc émissaire. Cela aurait pu tomber sur n’importe qui et ce qui fait peut être le plus peur.
Il faut le dire tout de suite, même si le roman m’a plu, c’est assez insoutenable ce qu’on fait subir au pauvre Alain de Monéys. Rendez-vous compte : ils iront même jusqu’à le manger ! Et même si Jean Teulé manie l’ironie et le sens de l’humour, c’est éprouvant à lire. Le roman est court et c’est tant mieux, car ce fût sans doute bien assez long pour ce pauvre gars. Il me reste tout de même de tout ça, le souvenir d’un roman qui a l’intelligence de partir d’un fait divers réel pour en faire une œuvre édifiante et qui saura nous inciter à la prudence lors des fêtes de villages. Et si vous vous faites malgré tout cramer et déguster aux feux de la saint Jean, vous ne pourrez pas dire que Jean Teulé ne vous avait pas prévenu.

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