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Rosée de feu

Une bonne surprise

De : Xavier Mauméjean
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A travers trois destins, Xavier Mauméjean illustre fantastiquement le conflit qui opposa Américains et Japonnais dans le pacifique. Quand je dis fantastiquement c’est dans dans tous les sens du terme.

La seconde guerre mondiale dans le Pacifique

Rosée de feu c’est l’histoire de la société japonaise qui voit son rêve s’effondrer. Le rêve d’une grande Asie dominée est d’abord remis en question, puis clairement contrecarré par la montée en puissance des États Unis. Cette décrépitude nous la suivons au travers des yeux de trois personnages, situés chacun a un niveau diffèrent de la pyramide sociale.

C’est d’abord l’enfant a qui le système éducatif ment. On l’éduque dans un nationalisme fou, puis c’est l’école de la propagande qui prend le relais : On passe les désastres sous silence, on minimise les défaites et on exalte les victoires. On se prosterne devant son empereur avant chaque début de classe. Surtout, on ne remet rien en question.

Vient ensuite le pilote de chasse, le grand frère du premier. Chargé d’escorter les kamikazes qui foncent s’écraser sur les navires américains. Lui voit tout de la folie suicidaire qui s’empare de l’armée nippone, elle qui n’a plus l’espoir de gagner autrement que par le sacrifice total de ses soldats. Mais en tant qu’escorteur, il est a même de juger des résultats de ces attaques suicides.

Enfin, surplombant les deux autres, c’est le gradé. Celui qui sait déjà que la partie est perdue, que le Japon ne saura pas vaincre son ennemi. Il assiste aux coulisses de la défaite dans le premier cercle des décideurs japonnais.

Un roman historique

Rosée de feu, c’est un récit érudit. L’auteur maitrise son sujet, cela se sent. Que ce soit sur les us et coutumes des pilotes japonnais ou dans le déroulé du conflit, la précision et la crédibilité du roman me semble indéniable (autant que je puisse en juger, c’est entendu).

Un roman fantastique

Rosée de feu, c’est enfin un roman qui ose tout. Partant d’une base solide, d’une bonne construction et d’un travail de documentation rigoureux, Xavier Mauméjean ose quitter les routes bien balisées du roman historique. Il insère dans son texte un grain de folie : en remplaçant les avions des pilotes japonnais par des dragons (de vrais dragons, comme dans les histoires du moyen age). Curieusement cela n’enlève rien à la crédibilité du livre. Cela a même la vertu de nous rappeler qu’en matière de littérature, tout est permis.

Quelques lignes...

Ce n’est que dans l’abandon de son moi propre que l’on peut porter un jugement clair, non obscurci par l’intérêt personnel. À une époque, Obayashi ne pense pas ainsi. Il est même un jeune officier nourri d’ambitions pour son pays. Une nation illustre, que dirigent des politiciens modérés et corrompus, des chevaliers d’industrie dont l’unique but est de s’enrichir, mais aussi, hélas, certains conseillers militaires. Autant de vassaux perfides qui bafouent le trône dans son absolue sainteté.

Quantité d’organisations plus ou moins secrètes œuvrent à modifier cette situation : la secte des Dragons Noirs de Mitsuru Toyama ; la société pour l’amour de la patrie ; la société du Cerisier ; la société de l’Océan noir ; la secte Kokushon-sha ; le parti de contrôle Tosei-ha et le Kodo-ha, parti de la Voie Impériale où milita Tojo.

Obayashi songe un temps à rejoindre la Fraternité du Sang. Opposé aux religieux hypocrites, le moine bouddhiste Inoné a fondé la secte. Elle est principalement composée de cadets appartenant à l’aviation navale mais aussi à l’Armée. Rare occasion de voir s’entendre les deux corps. Oubliant leurs différends, tous partagent un même dégoût des libéraux pacifistes, et le désir pour le Japon d’une véritable expansion. Il suffit de moins pour faire naître une conjuration.

Le 15 mai 1932, à cinq heures de l’après-midi, l’esprit embrasé par le prêtre et à l’initiative du général Anaki, trois pilotes du Lagon Brumeux, cinq cadets de l’Académie militaire et le lieutenant de marine Mikami, pénètrent par l’entrée latérale dans le sanctuaire de Yasukuni. Ils frappent des mains pour invoquer les cent vingt six mille trois cent soixante-trois fantômes des soldats morts pour le pays, courbent la tête et s’inclinent face au miroir sacré. Puis deux taxis les déposent devant la résidence du Premier ministre Inukaï. La réceptionniste et un garde tentent de les arrêter. En vain. Les neuf insurgés fouillent la maison, l’un d’eux entend une clef qui tourne au deuxième étage. Ils grimpent l’escalier, abattent le garde du corps, se ruent dans la salle à manger où se trouvent Inukaï, sa belle-fille et son médecin personnel. Les officiers saluent le Premier ministre avec respect, puis le lieutenant Mikami appuie sur la détente. L’automatique est déchargé. Le visage blême, Inukaï leur intime sèchement de le suivre dans son bureau. Ils sortent en tenant en joue le médecin du Premier ministre et sa belle fille.

« Avez-vous une dernière déclaration à faire avant de mourir ? » demande le lieutenant Mikami.

Inukaï lève les mains comme s’il allait entamer un discours.

« À quoi bon parler ? » lâche Mikami en visant une goutte de sueur sur le front de sa cible. Il lui tire une balle dans la tempe. Les insurgés se précipitent dans l’escalier, font feu sur quiconque s’interpose. Ils s’enfuient en taxis dont les compteurs n’ont cessé de tourner.

Le lundi 31 janvier 2011, par Angelina
Modification de l'article le : 18 novembre 2012.

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