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Seul à savoir

bof bof bof

De : Patrick Bowen
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Facebook aide les gens à retrouver leurs "perdus de vue depuis longtemps". Pour Marion, accepter "le troyen" comme nouvel ami, c’est surtout le début du cauchemar. Pour le lecteur c’est aussi le commencement d’une lecture pas si divertissante que ça.

L’histoire

L’histoire commence à Paris, sous la neige. Marion est folle amoureuse d’un chirurgien fort romantique, qui après un flirt laborieux l’amène sur les toits de l’Hôtel-Dieu pour lui faire admirer les chats de gouttières et les toits enneigés de la ville lumières. Comme la pauvrette a froid, il descend lui chercher une couverture. Le problème c’est qu’il n’est jamais revenu.

15 ans plus tard, l’héroïne est descendu du toit (non elle n’est pas morte de froid). Elle se connecte à Facebook pour combler l’immense vide de sa vie de vieille fille. Et là surprise ! Elle rentre en contact avec un mystérieux "troyen" (c’est son pseudo), qui veut être son ami et qui lui annonce qu’il a kidnappé son beau chirurgien, auquel toujours elle pense. La voilà donc partie aux États Unis sur les traces de son amour d’antan.

Que dire sur ce livre ?

J’ai abordé la lecture de ce livre en trois phases : Premier mouvement, je me suis ennuyée dès le début. les personnages stéréotypés et la petite romance qui s’annonce m’ont tenu à l’écart de cette gentille bluette en gestation. Au bout de quelques pages cependant le roman prend un peu d’épaisseur ; La prise de contact entre le troyen et l’héroïne est une réussite et laisse présager quelques chapitres remplis d’angoisse et de rebondissements. En fait non, faux présage. La troisième phase est assez sensiblement la même que la première, mais plus longue.

De mon point de vue, "Seul à savoir" souffre d’une construction trop mécanique : A l’américaine ; un rebondissement à chaque fin de chapitre. Mais comme l’imagination de l’auteur s’émousse à mesure que l’intrigue se développe, c’est de plus en plus tiré par les cheveux. Outre le gimmick du chapitrage, l’auteur s’est également mis dans la tête qu’il faut pour réussir un polar un dénouement complètement surprenant ; Je crois que c’est souvent faux. Tout a été fait en la matière. Alors à quoi bon mettre tout sur le dos d’un personnage ultra secondaire. Surtout quand les motivations de l’intéressé sont plus que bancales pour justifier la "surprise". Ici plus on s’approche de la fin, moins c’est crédible. Dans le polar, je le crois, l’important ce n’est pas le dénouement mais le cheminement, et là je me suis perdue en route à force d’invraisemblances et maladresses.

Quelques lignes...

MARION a remonté la rue Montorgueuil, les bras chargés de paquets, avant de s’arrêter devant son immeuble. Elle a composé le code et poussé la porte avec son dos.

Le couloir était éclairé par une ampoule solitaire. Murs décrépis, toiles d’araignées poussiéreuses. Les boîtes aux lettres marron débordaient de prospectus mouillés.

Elle est ressortie sur les pavés d’une cour intérieure – une véritable épreuve lorsque vous portez des chaussures à talons – puis elle a emprunté une cage d’escalier et s’est arrêtée au premier étage. Elle a déposé ses paquets sur le sol et secoué son cartable pour retrouver ses clés.

Une dispute a éclaté chez les voisins. Bagarre à coups d’assiettes, comme d’habitude. Marion a pénétré dans son appartement, fourré les sacs dans un cellier microscopique et refermé la porte.

Son studio mesurait à peine vingt-huit mètres carrés, mais elle était tombée sous le charme : murs blanchis à la chaux, vieilles poutres au plafond, carrelage ancien. Le coin-cuisine comportait un joli comptoir et une paire de tabourets. Elle y avait ajouté quelques meubles, des fleurs, des tapis moelleux et des livres par centaines. Littérature anglaise, américaine, manuels de médecine, romans chinés chez les bouquinistes, et même ses anciens polycopiés de fac.

Son chat est venu se frotter contre sa jambe.

Elle a retiré son imperméable, défait son écharpe et accroché le tout à un portemanteau déjà surchargé, avant de mettre une casserole à chauffer sur le gaz.

Le chat est retourné se lover sur un recueil de poèmes.

Marion s’est démaquillée dans la salle de bains. Elle a pris soin de son visage, lentement, avec application, devant le miroir entouré de lampes tamisées. Puis elle a noué ses cheveux en arrière, examinant son reflet en silence.

Elle n’était plus tout à fait jeune. Ni vieille non plus. Elle ne savait pas quoi faire avec ça.

Simplement, un jour, vous vous regardez dans la glace, et vous réalisez que vous n’êtes plus la même que sur les photos. Celles qui traînent dans cet album aux souvenirs que vous n’ouvrez jamais. Alors vous le ressortez, histoire de vérifier. Et là c’est la gifle.

Vous vous rappelez très bien ce cliché, au mariage de vos amis, ou cet autre, à Noël, avec ce chapeau stupide. Vous avez une coupe à faire peur, le visage trop rond, les cheveux raides.

Mais ce n’est pas ça qui vous fait frémir : c’est cette jeunesse, cette insouciance que vous lisez sur les photos.

Vous réalisez brusquement que ces choses vous ont quittée. Qu’elles ne reviendront pas.« Le temps perdu ne se rattrape jamais », disait votre père, et soudain, ces banalités vous frappent en plein cœur.

Qu’avez-vous accompli ? Où sont passés vos rêves ? Où est cette fille incroyable, celle qui s’apprêtait à danser sur la crête du monde ?Pourquoi êtes-vous si seule ?Marion a fermé les yeux.

Elle détestait s’apitoyer sur elle-même. C’était un signe de faiblesse et elle ne voulait pas être faible, car elle savait où ce genre de glissade pouvait conduire.

Elle a ouvert l’armoire à pharmacie et avalé un comprimé.

À la réflexion, elle en a pris deux.

Après quoi elle est retournée dans la cuisine. S’est versé une tasse de thé. A sorti le gâteau d’anniversaire qui l’attendait dans le frigo et en a découpé une généreuse part, qu’elle a placée dans une assiette. Elle l’a déposée sur le sol, avec une bougie dessus.

Puis elle a balancé le reste à la poubelle.

– Bon anniversaire, le Chat.

Le mardi 15 février 2011, par Angelina
Modification de l'article le : 25 septembre 2013.

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