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Créance de sang

Une affaire de cœur

jeudi 3 décembre 2009

Un retraité du FBI reprend une enquête laissée en suspend après avoir appris que le cœur qu’on vient de lui greffer appartenait à une femme lâchement assassinée lors d’un braquage. Fort de son expérience, il retrouve la piste d’un tueur évidemment implacable.

Le coeur de l’intrigue

Terry McCaleb, agent du FBI spécialisé dans la traque des tueurs en série, s’est mis à la retraite suite à de graves problèmes cardiaques. Armé d’un cœur neuf, il se remet doucement de l’opération en retapant le vieux bateau légué par son père, quand une femme vient lui demander de reprendre l’enquête sur l’assassinat de sa sœur, abattue lors d’un sordide braquage de supérette. L’enquête est au point mort et la police semble avoir abandonné. Il refuse, mais ce ravise lorsqu’il apprend que le cœur qui bat à présent dans sa poitrine est celui de la victime.

Pour son sixième livre, Michael Connelly abandonne son héros récurrent, Harry Bosch, au profit de McCaleb chez qui on retrouve pourtant la même conception de la traque : la solution se cache dans les détails, tout est dans le dossier et l’enquête ne doit jamais ralentir, ne jamais cesser de mettre au jour des éléments nouveaux, sous peine de caler.. et d’assommer le lecteur. Connelly écrit à l’américaine (au vu de sa nationalité, on ne lui reprochera pas) : il faut que ça avance. Dans cette mécanique bien huilée, c’est la page d’après qui compte. si le lecteur la tourne, c’est que le livre est bon.

Pourquoi moi ?

Je suis en train d’enchaîner la série des aventures de Harry Bosch. Ca avait commencé de travers, avec une blonde dans le béton, alors que chronologiquement parlant, j’aurais du visiter les égouts de Los Angeles avant. Bon peu importe j’ai réussi à recoller les morceaux ; l’auteur est gentil, il vous explique ce que vous avez raté mais que vous avez besoin de connaître.

Tout de même, parfois je me pose des questions sur ce qui me pousse à enchainer les polars du monsieur comme ça : Si j’ai beaucoup aimé le poête (dans lequel Bosch est absent), Le dernier coyote, et L’Envol des anges (une tuerie dans tous les sens du terme), parfois c’est moins bon. Le Cadavre dans la Rolls ou L’Oiseau des ténèbres m’ont un peu moins emballé. Pourtant j’y retourne... Je dois être accro...

Bon ok, mais il est bon ce livre ?

Même si ces créances de sang offre de bons moments, Connelly a fait mieux. L’intrigue, à l’image de son héros diminué par sa greffe, s’essouffle un peu vite. Le livre souffre aussi de quelques tournures un peu lourdes. Après avoir découvert Connelly traduit par Jean Esch (le poète, les égouts de Los Angeles) il semble que la lecture était plus fluide. Pour en être sur il faudrait que j’en relise au moins un, mais je n’ai pas envie. Je sais que c’est le colonel Moutarde qui a fait le coup... on restera sur un doute.