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Un pays à l’aube

Il était une fois en Amérique

vendredi 2 novembre 2012

Boston après la première guerre mondiale ; Dennis lehane dresse le portrait d’un pays à l’aube, d’une Amérique où les boys rentrent à la maison ; Dans leurs bagages ils ramènent d’Europe la grippe espagnole et les idéos de la révolution russe. De quoi bousculer une société en pleine mutation.

Alors que la première guerre mondiale s’achève, la crise économique et la misère frappe durement les États Unis, chômage et misère, mais aussi l’exemple de la révolution russe pousse les salariés tant vers la lutte collective et syndicale. Les plus radicaux se tourne vers l’anarchisme et le terrorisme. Les noirs américains sévèrement discriminés s’organisent également pour conquérir un statut plus enviable.

Sur cette toile de fond, Dennis Lehane dresse le portrait de deux personnages qui n’ont pas de raison apparente de se rencontrer, et qui mène leur propre chemin durant une bonne partie du roman.

C’est d’abord le destin de Luther, un jeune noir doué pour le baseball, qui part le fruit de circonstances extraordinaires va disputer une partie amicale contre une des équipes les plus fameuse du championnat. Une équipe uniquement composée de blancs. Et des blancs qui trichent pour gagner contre Luther et ses amis noirs. Cette expérience marquera Luther définitivement. Désabusé, il se retrouvera pourtant militant malgré lui.

C’est aussi Danny Coughlin et son père Thomas, d’origine irlandaise et dans la police tout les deux ; Si le père est un homme à poigne qui s’est bâti une solide réputation dans la police , son fils est plus idéaliste, plus entier ; envoyé infiltré les mouvements bolchéviques, il découvre la lutte collective et se découvre un talent de tribun. Son évolution va l’amener à prendre la tête de la révolte des policiers qui va complètement ébranler la ville.

Le croisement des destins de ses personnages permet à Lehane de dresser un portrait très intéressante de l’Amérique durant la période qui va de la fin de la première guerre mondiale, jusqu’à la période de la prohibition. Cette fresque historique ne manque pas de souffle et les sept cent pages du roman passent sans peine. Par contre l’absence du réelle intrigue manque un peu, et empêche de bien mémoriser le roman ; Quelques jours après avoir refermé le livre, il m’en reste guère plus que le souvenir de quelques heures agréables. C’est triste car cette fresque ne manque pas de souffle pourtant.