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Le cas Sneijder

L’homme qui tombe à pic, deux fois.

dimanche 27 janvier 2013

Où il est question de chutte : Le cas Sneijder, c’est le récit par le héros de sa propre chute. A double titre. Tout débute par un accident d’ascenseurs. L’habitacle se détache et Paul est le seul survivant de la chute. Sa fille qui était avec lui, meurt sous ses yeux.

Cet accident, et le décès de sa fille va agir dans la vie de Paul comme un révélateur. D’abord vis à vis de sa femme - qui avait toujours refusé de recevoir la fille de Paul, issue d’une première noce - ensuite de son travail qu’il quitte sans regrets. Les Fils de Paul et d’Anna vont trinquer aussi. Le narrateur fait une description terrible des relations avec les deux monstres d’égoïsme que sont ses deux fils. Leur gémellité servant visiblement à les rendre encore moins humains.

Paul qui a vécut lâchement jusque là, va couper peu à peu couper les ponts avec sa vie précédente pour se rapprocher de la meute de chiens qu’il promène. En effet, ne pouvant pas rester enfermé, il trouve un emploi de promeneur canin. Et même si sa famille reprouve ce travail trop peu qualifié, Paul y trouve un nouveau mode de vie et un nouvel équilibre.

L’autre point d’entrée du roman, ce sont les ascenseurs. En cherchant à comprendre comment celui qui a brisé sa vie a pu se décrocher, Paul accumule les lectures sur l’univers funky des ascenseurs. Ce sont alors de nombreuses anecdotes intéressantes qui sont distillées ça et là. C’est surtout tout une réflexion sur ce que les ascenseurs ont apportés à l’humanité.

L’ascenseur ne permet pas seulement d’économiser sa peine, non ; il façonne un monde vertical dans lequel la concentration humaine devient possible. Aucune mégalopole n’est concevable sans ascenseurs. De là à dire qu’il déshumanise la société en la rendant plus individualiste, il n’y a qu’un étage, et on ne prends pas l’escalier.

Dans un style toujours impeccable et aussi peu tape à l’oeil que possible, Jean-Paul Dubois fait encore une fois un coup au but. Un livre sur un type dépressif, promeneur de chiens le jour et qui étudie tout ce qu’il peut la nuit, sur la techniques de l’ascenseur, ce n’est pas facile à vendre. Le sujet n’est pas vendeur et on sent bien que ce n’est pas le but de toutes manières. Mais Jean-Paul Dubois n’a pas son pareil pour faire rire, même d’un drame affreux en créant malgré tout des situations hautement cocasses à partir d’éléments parfaitement sinistres. C’est pour ça qu’on l’aime.


Quelques critiques ailleurs du cas Sneidjer


Le cas Snider de Jean-Paul Dubois
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