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22/11/63 de Stephen King

Éditions Albin Michel, 2013

lundi 29 juillet 2013

Après avoir abandonné quelques années Stephen King, j’ai replongé dans le Maine, qui sert de cadre à de nombreuses histoires. Je lisais cela lorsque j’étais ado et j’y prenais plaisir. Stephen King n’aura probablement jamais le prix Nobel mais sait raconter de bonnes histoires. Stephen King revient sur ma table de chevet parce que son roman autour de la mort de Kennedy m’a intriguée et j’en ai entendu du bien.

On connait l’histoire, mais peut-on la changer ?

22/11/63 raconte comment Jake Epping découvre un passage temporel au fond de la cambuse du fast food d’Al, son copain restaurateur. Cela fait des années que Jake fréquente l’établissement, qui a pourtant mauvaise réputation. Le patron vend ses hamburgers bien en dessous du prix du marché et c’est louche ; "ça ne peut pas être du bœuf à ce prix-là !", "C’est probablement du chat !"

Mais Jake se moque de ses ragots et a fait du restau d’Al sa cantine, devenant ainsi l’ami du patron. Lorsque la santé de Al se détériore à cause d’un cancer, Al propose à Jake de reprendre l’établissement. Jake qui est professeur à l’université n’est pas très emballé mais Al lui promet une surprise en lui faisant visiter la réserve.

Outre les vivres, on y trouve un passage temporel, invisible à l’œil, mais qui vous propulse en 19558 si vous vous tenez à un certain endroit de la pièce. On descend un escalier en aveugle et pfiou, vous voilà parti pour un voyage temporel aux règles très précises : Chaque saut dans le temps vous ramène, le même jour, à la même heure en 1958. En reprenant le chemin inverse, vous repartez vers 2011 et seulement deux minutes se sont écoulées depuis le départ, quel que soit le temps passé en 1958.

Autre règle à connaitre avant de franchir le pas, comme on arrive toujours au même instant en 1958, chaque aller et retour équivaut à une remise à zéro. Enfin c’est ce que croit Al... Rien de ce qui a été entreprit au voyage précédent n’est conservé. Al qui a la bosse du commerce, se servait du passage pour acheter sa viande en 1958, bien moins chère qu’en 2011, faisant ainsi de belles marges. Mais peu à peu des projets moins commerciaux peuplent la tête du cambusier : changer le passé, pour améliorer le présent. Al tente un coup d’essai avec une petite fille, victime d’un accident. Il parvient à modifier le cours des événements et lui évite de passer sa vie en fauteuil roulant.

Une fois la preuve faite qu’il peut changer le passé, il se lance dans un projet un peu fou : sauver Kennedy de l’attentat qui lui ôta la vie. Sa santé déclinante ne lui permettra pas d’aller au bout de sa mission. C’est pourquoi il demande à Jake de reprendre le flambeau. Jake accepte mais cela signifie passer cinq années dans le passé, pour se rapprocher de Lee Harlvey Osvald, l’assassin de Kennedy, et l’empêcher de tirer sur "mister president".

Y parviendra-t-il ? et si oui que deviendra l’Amérique avec un président non pas mort mais réélu ? L’homme politique a-t’il assez d’influence pour contrebalancer le déterminisme historique ? Comme tout bon livre de science-fiction, le divertissement amène le lecteur vers des questions dignes d’un bac de philo.

Alors un bon livre ?

Ben, oui et non...

Plutôt non parce que certains passages sont un peu bâclés ou mal traduits, je ne sais ; et puis une histoire d’amour un peu pesante vient alourdir un roman qui fonctionnerait très bien sans cela. (j’aime pas les bluettes)

Mais plutôt oui parce que malgré un compteur qui a dépassé les 800 pages, Stephen King n’ennuie pas. C’est simple à lire, sans souffrance ni effort. Divertissement adéquat à l’approche du mois d’août.

J’ajoute que 22/11/63 recèle un petit cadeau bonus : lorsque Stephen King nous parle de l’année 1958 et nous décrit la vie de l’époque, c’est l’Amérique de ses onze ans qu’il faut voir entre les lignes. Le héros et son créateur font ensemble le voyage temporel ce qui donne à ce roman un petit goût de boucle bouclée, de roman testament. Jake va par exemple passer quelques temps dans Derry (la ville de son roman ça). Alors que Stephen King à peuplé mon imagination avec des clowns affreux (ça), d’histooires horribles et de fléaux de toutes sortes durant toute mon adolescence, tout cela a un petit côté émouvant.