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Rien ne s’oppose à la nuit

2011, éditions Jean-Claude Lattès.

lundi 29 juillet 2013

Rien ne s’oppose à la nuit est un livre émouvant que Delphine de Vigan a consacré à Lucile sa maman. Elle entreprend la rédaction de ce livre après le décès de sa mère et mène une véritable enquête familiale, convoquant les oncles, les tantes, cousins, enfants et tout ce que la famille peut compter de témoins.

Delphine de Vigan rassemble ainsi une importante documentation qu’elle restitue dans un texte à mi-chemin entre le roman (certains éléments du récit sont nécessairement inventés) et le récit. Empruntant son titre à la chanson de Bashung, elle donne vie à un personne faillible et fragile qui ne laisse pas indifférent et qui sait être drôle également.

Dans la veine des livres introspectifs ou l’auteur se raconte, je trouve rarement mon bonheur. C’est un genre casse-gueule où on bascule vite soit dans l’ennui soit dans le voyeurisme. L’équilibre est vraiment délicat à trouver. Rester trop distant ou trop neutre rend l’exercice parfaitement inutile et ne fait naitre aucune émotion. D’une autre côté le risque d’en faire trop pour faire pleurer dans les chaumières est encore pire.

Ici Delphine de Vigan s’en sort bien, Rien ne s’oppose à la nuit est parfaitement équilibré et convoque une marge palette d’émotions chez le lecteur. Pour ma part, je suis passée par tous les stades entre le rire et les larmes. La littérature remue encore on dirait.

Reste le titre qui me démange un peu... pourvu que le procédé commode et facile d’utiliser le titre d’une chanson ne fasse pas d’émules !