Cet article a été imprimé sur : http://www.ce-que-je-lis.fr/La-voix-des-morts

La voix des morts

Le Cycle d’Ender 2

lundi 24 février 2014

La voix des morts fait suite à la Stratégie Ender qui avait laissé je jeune Ender en star mondiale après son succès contre les doryphores. Manipulé, celui-ci croyait être à la tête d’une armée fictive dans une simulation de combat. En réalité les victoires qu’il remportait étaient bien réelles. Sa victoire finale fût si écrasante, qu’il réussit à détruire la planète des doryphores et à anéantir complètement cette race extra-terrestre.

Ce succès, d’abord loué à l’unanimité devint ensuite un fardeau. 3000 ans plus tard, l’opinion publique se retournée et considère à présent la victoire de Ender comme le premier xénocide de l’humanité et Ender en vient à être considéré comme un être abominable. Ce retournement c’est opéré suite à la publication d’un livre "La Reine et l’Hégémon" qu’Ender à écrit lui-même sous un pseudonyme. Dans ce livre, il parle au nom de la reine des doryphores et explique ses motivations. En mettant en valeur le point de vue des doryphores, "La Reine et l’Hégémon" montre que la guerre qui les a opposé aux humains et liée plus à la difficulté de communiquer de deux races totalement différentes qu’à une volonté d’annihilation des uns ou des autres.

3000 ans plus tard, Ender est toujours en vie, et n’a même que peu vieillit grâce à de nombreux voyages spatiaux, durant lesquels sont corps est cryogénisé ; il ne vieillit donc pas. Ender a quitté l’école de guerre et la carrière militaire ; devenu porte parole des morts, il voyage de planète en planète pour raconter la vie des personnes qui viennent de mourir, comme il l’a fait la première fois dans "La Reine et l’Hégémon".

Durant les millénaires qui séparent la “voix des morts” de la “Stratégie Ender”, l’humanité s’est répandue dans toute la galaxie, occupant les planètes laissées vacantes par les doryphores. On parle alors de l’humanité comme des “cent planètes”. L’humanité n’est pourtant pas la seule race intelligente dans l’espace, il en existe une autre, plus rustre, qu’on appelle les piggies (ils ressemblent à des cochons). Cette race vit sur la planète de Lusitania, colonie portugaise, sous domination catholique. Les cent planètes imposent toutefois des règles très strictes aux humains sur Lusitania. Tout est fait pour ne pas interférer dans le mode de vie des piggies, ne pas influencer leur culture ou leur fournir des technologies.

Instruite par la guerre contre les doryphores et les principes énoncés dans "La Reine et l’Hégémon", l’humanité veut éviter à tout prix un nouveau xénocide. Ou bien, veut éviter à tout prix l’émergence d’une race concurrente. Mais lorsque l’un des habitants de Lusitania est tué de façon atroce par les piggies, Ender décide de se rendre sur place pour comprendre ce qui s’est passé. Il a en réalité un second but pour venir sur Lusitania. A la fin de la stratégie Ender, le jeune homme a trouvé le dernier œuf de la reine des doryphores. Si Ender le laisse se développer sur Lusitania, ce pourrait bien être un nouveau départ pour la civilisation des doryphores.

On tolère assez bien les quelques éléments incongrus du romans, ou disons plutôt les originalités du livre : une race de cochons extra terrestres, qui apprennent à parler le portugais et qui considèrent les arbres comme des ancêtres, c’est inédit dans un roman de SF. Orson S. CARD ose tout ! Mais ça marche. Le livre par sa profondeur philosophique fait le parallèle entre les extra-terrestres et les différentes ethnies qu’on peut trouver sur terre. D’ailleurs mon résumé est assez incomplet, car à cette intrigue trop rapidement résumée, Orson Scott Card ajoute des secrets de familles, des intrigues politiques pour tisser une intrigue à tiroirs dans laquelle il réussit à ne pas nous perdre. Un tour de force.

PRIX HUGO 1987 ET PRIX NEBULA 1986