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L’Etrangleur d’Edimbourg

Les premiers pas de John Rebus

lundi 12 juillet 2010

Le premier livre des enquêtes de John Rebus, la série qui a permis à Ian Rankin de se faire connaître de façon internationale, dresse un portrait sombre de sa ville d’Edimbourg. Loin d’être un Disneyland pour touristes, avec son château et ses cornemuses, Rankin nous montre une cité à deux facettes, charmante destination touristique coté face, violente et sombre coté pile.

L’intrigue

Dans la vieille ville d’Edimbourg en Écosse, un fou furieux enlève et étrangle des jeunes filles sans toutefois en abuser sexuellement. De son côté, l’inspecteur John Rebus reçoit de mystérieuses lettres anonymes, où l’auteur lui suggère de lire entre les lignes, sans plus d’explications. Enfin, le frère de Rebus, hypnotiseur de cabaret et trafiquant de drogue, attire sur lui l’attention d’un journaliste qui enquête sur le trafic de stupéfiant. L’inspecteur Rebus peine à dénouer cette enquête, pour cela il faudrait qu’il retrouve les souvenirs et les secrets trop lourds à porter, qu’il a enfouis tout au fond de sa mémoire. Mais rien ne remonte à la surface, et les meurtres continuent implacablement.

Un bon livre ?

C’est la deuxième fois que je lis du Ian Rankin, après « Traqués ». J’ai trouvé celui ci moins bon. Le début est réussit mais la fin traine en longueur et on attend le dénouement avec impatience. L’enquête patine lentement et l’intérêt du lecteur en souffre. Et puis, sans vouloir trop en dévoiler, le nom du tueur m’a entrainé sur une fausse piste et j’ai trouvé bien dommage que Ian Rankin ne se soit pas donné la peine de trouver un autre nom. Je sais, c’est mystérieux mais ceux qui comme moi ont lu « Traqués » comprendront. Bref, c’est pas mal, mais peut mieux faire.

Ian Rankin

Ian Rankin est un auteur écossais, qui met en scène abondamment sa région natale et sa ville d’Edimbourg dans ses polars. Edimbourg est une ville touristique, capitale de l’Écosse, et siège du parlement écossais depuis le XVème siècle. La ville est dominée par sa redoutable forteresse, mais compte aussi de nombreux lieux d’intêret (le Royal Botanic Garden, la cathédrale Saint-Gilles, la National Gallery, Charlotte Square, le Scott monument ou encore le Royal Museum of Scotland). Ce n’est pourtant pas la ville touristique que Ian Rankin propose a ces lecteurs, et que John Rebus, son héros arpente.

Dans l’étrangleur d’Edimbourg, Rankin semble fuir les lieux touristiques de la ville pour sans cesse ramener le lecteur vers une réalité plus noire : « Il y a véritablement deux Edimbourg Il y a la cité que les touristes visitent, avec son château et ses joueurs de cornemuse, vêtus de kilts. Ça, c’est le côté Disneyland. Mais il existe aussi une cité, qui vit et qui respire sous cette apparence, et que les gens voient rarement. Dans les années 1980, Edimbourg avait de sérieux problèmes de drogue et le pire taux de Sida de toute l’Europe de l’ouest. J’ai pensé que quelqu’un devait écrire des romans traitant de ces choses de la vie réelle contemporaine. » [1] Ce sont les bas fonds qu’on visite dans ce romans.

John Rebus

L’inspecteur Rebus, quand à lui fait un peu figure de antihéros notoire. Divorcé, cynique, réfractaire à l’autorité, c’est aussi un amateur de bière et de whisky. C’est pratiquement un pochard pour tout dire. Comme de nombreux enquêteurs typiques du roman noir (Le Harry Bosch de Michael Connelly par exemple) il n’hésite pas lorsque c’est nécessaire à prendre des libertés avec les règles auxquelles sont soumises les policiers.

Bibliographie de Ian Rankin

2Série Inspecteur John Rebus 2

2Romans publiés sous le pseudonyme de Jack Harvey 2

2Autres romans 2

2Recueils de nouvelles 2

L’avis des autres


[1interview de Ian Rankin dans bookslut.com.