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La petite fille de monsieur Linh

de Philippe Claudel

mardi 20 juillet 2010

Un vieux homme en exil accompagné de sa petite fille, nourrisson de quelques semaines se lie d’amitié avec un veuf. Ils se sont rencontrés sur un banc public. Ni l’un ni l’autre n’arrive à franchir la barrière de la langue. Ils se comprennent pourtant à leur façon.

Séduite que j’étais par le rapport de Brodeck, je me suis laissé tenter par les chaudes recommandations de noann sur un autre roman de Philippe Claudel : la petite fille de monsieur Linh.

L’histoire

Monsieur Linh a donc quitté son pays en guerre, laissé derrière lui son village, son fils mort, sa belle fille morte, sa femme morte. Rien ne le retient désormais et il doit fuir la guerre pour sauver sa petite fille, la seule famille qui lui reste. Monsieur Linh est prêt a tout endurer pour sa petite fille. Il embarque donc dans un bateau et se retrouve dans une ville européenne, sans doute, française peut être. Logé avec d’autres réfugiés dans un foyer avec lesquels il ne s’entend pas, il finit par rencontrer, sur un banc public, un autre veuf. C’est alors une belle amitié qui va s’épanouir malgré la barrière de la langue.

Un joli conte

Le roman est extrêmement court et se lit en quelques heures. Le style est sobre mais porte beaucoup de sens. Jean-Paul Dubois, que j’aime beaucoup, arrive lui aussi à dire beaucoup de choses en peu de mots avec un style à l’économie. C’est pour moi la meilleure façon d’écrire (quand on y arrive). Après mes deux romans lus de Claudel, j’ai l’impression que l’auteur adapte son style à l’histoire qu’il raconte. Il dit : Souvent, de livre en livre, je change d’univers et d’écriture. Même s’il y a des thèmes communs, j’aime essayer d’autres voies. [1]

Philippe Claudel a le chic pour travailler un peu dans l’abstraction des lieux et des époques, que ce soit avec Brodeck ou avec monsieur Linh, les deux seuls romans de lui que j’ai lu (pour l’instant), il faut faire un petit effort pour savoir où et quand l’histoire se passe. Le cadre se dévoile petit à petit ; je trouve ça charmant. Et puis la fin de ce roman est touchante à souhait. Bref, j’ai passé un très beau moment.

L’avis des autres


[1http://www.evene.fr