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Rosée de feu

Une bonne surprise

dimanche 18 novembre 2012

A travers trois destins, Xavier Mauméjean illustre fantastiquement le conflit qui opposa Américains et Japonnais dans le pacifique. Quand je dis fantastiquement c’est dans dans tous les sens du terme.

La seconde guerre mondiale dans le Pacifique

Rosée de feu c’est l’histoire de la société japonaise qui voit son rêve s’effondrer. Le rêve d’une grande Asie dominée est d’abord remis en question, puis clairement contrecarré par la montée en puissance des États Unis. Cette décrépitude nous la suivons au travers des yeux de trois personnages, situés chacun a un niveau diffèrent de la pyramide sociale.

C’est d’abord l’enfant a qui le système éducatif ment. On l’éduque dans un nationalisme fou, puis c’est l’école de la propagande qui prend le relais : On passe les désastres sous silence, on minimise les défaites et on exalte les victoires. On se prosterne devant son empereur avant chaque début de classe. Surtout, on ne remet rien en question.

Vient ensuite le pilote de chasse, le grand frère du premier. Chargé d’escorter les kamikazes qui foncent s’écraser sur les navires américains. Lui voit tout de la folie suicidaire qui s’empare de l’armée nippone, elle qui n’a plus l’espoir de gagner autrement que par le sacrifice total de ses soldats. Mais en tant qu’escorteur, il est a même de juger des résultats de ces attaques suicides.

Enfin, surplombant les deux autres, c’est le gradé. Celui qui sait déjà que la partie est perdue, que le Japon ne saura pas vaincre son ennemi. Il assiste aux coulisses de la défaite dans le premier cercle des décideurs japonnais.

Un roman historique

Rosée de feu, c’est un récit érudit. L’auteur maitrise son sujet, cela se sent. Que ce soit sur les us et coutumes des pilotes japonnais ou dans le déroulé du conflit, la précision et la crédibilité du roman me semble indéniable (autant que je puisse en juger, c’est entendu).

Un roman fantastique

Rosée de feu, c’est enfin un roman qui ose tout. Partant d’une base solide, d’une bonne construction et d’un travail de documentation rigoureux, Xavier Mauméjean ose quitter les routes bien balisées du roman historique. Il insère dans son texte un grain de folie : en remplaçant les avions des pilotes japonnais par des dragons (de vrais dragons, comme dans les histoires du moyen age). Curieusement cela n’enlève rien à la crédibilité du livre. Cela a même la vertu de nous rappeler qu’en matière de littérature, tout est permis.