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Ce cher Dexter

Mieux que la série télévisée ?

mercredi 20 juillet 2011

Saison 1 / Avant d’être une série télévisée, Dexter c’est un roman à l’humour noir décapant dont la série s’est largement inspirée.

Question pour un champion

Qui suis je : Top. Dénué d’émotions, froid et calculateur, je possède un petit bateau avec lequel je pars faire un tour à la nuit tombée. Je travaille à Miami dans un laboratoire scientifique. Je suis expert en hémoglobine et ma sœur est dans la police. Caractérisée par un humour pince sans rire, une série me rend hommage depuis quelques saisons. Je suis également un vrai psychopathe, les soirs de pleine lune, je sort de mon repaire pour trucider des gens que j’ai préalablement sélectionné minutieusement. Je suis ? Je suis ?
Dexter Morgan bien sur.

Si vous n’avez pas trouvé, c’est que vous n’avez pas la télé, du moins c’est que vous n’êtes pas abonné à une chaine qui commence par un C et qui finit par un +. Personne ne vous jettera la pierre ici, ça fait belle lurette que j’ai rendu mon décodeur, désespérée par les programmes proposés. Reste que par hasard ou par un sursaut de clairvoyance, ladite chaine diffuse un excellente série, tiré du roman de Jeff Lindsay.

Alors mieux que la série ?

Si le roman et la série divergent, c’est surtout une question d’intrigue. Des personnages pivots disparaissent dans l’un, survivent et font une belle carrière dans l’autre. La série n’a pas respecté fidèlement le roman de Jeff Lindsay, mais a gardé le ton. Et autant le dire tout de suite, il n’y avait pas grand chose de plus à garder.

Le qualité littéraire de ce livre est asse pauvre en effet, c’est un roman de gare, sans doute vite écrit et pas très raffiné. Mais ce qui sauve le livre c’est le procédé de narration. On adopte le point de vue de Dexter durant tout le livre, et nous savons très exactement ce qu’il pense. Ainsi on a les deux facettes de sa personnalité qui s’exprime. D’un côté le sage Dexter qui dissimule à tous ses penchants pour le meurtre et la bidoche. De l’autre son passager noir, celui qui prend parfois les commandes et dont on entends les pensées, lorsqu’il s’immisce dans un dialogue par exemple.

On retrouve le même procédé dans la série, où le passager noir s’exprime en voix off. Le décallage entre ce qu’il est de bon ton d’exprimer en société, et la façon dont réagi la facette démoniaque de Dexter assure de beaux morceaux d’humour noir tout à fait savoureux. Si vous aimez les choses un peu grinçantes, sautez sur ce livre.

L’avantage du livre sur la série, c’est que Dexter y est moins lisse et consensuel. La serie me semble légérement sur la reserve et ose moins. Dans le livre, Jeff Lindsay ne prend pas de gants. A mon avis le roman est donc supérieur, meme si ce priver de la serie serait une faute de goût.

Et l’intrigue dans tout ça ?

Et bien, si vous avez déjà lu un polar, vous ne devriez pas tomber de votre chaise devant l’ingéniosité de l’histoire, mais ça reste plaisant si on ne chipotte pas trop.

Pour résumer : Dexter est un expert de la police scientifique de Miami. Sa sœur, policière également, travaille pour la brigade des mœurs. Il est donc au première loge pour garder un œil sur les crapules que la justice n’arrive pas à condamner. Adepte de la peine de mort par nécessité plus peut être que par goût, Dexter se charge de faire une pierre de coup. D’abord il étanche sa soif de sang, car en tant que psychopathe il ressent le besoin de tuer régulièrement. Ensuite il met hors circuit des individus dangereux et sanguinaires. Sa règle d’or, ne jamais tuer un innocent.