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Un pays à l’aube

Il était une fois en Amérique

De : Dennis Lehane
Traduit par : Isabelle Maillet
Titre original : The given day
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Boston après la première guerre mondiale ; Dennis lehane dresse le portrait d’un pays à l’aube, d’une Amérique où les boys rentrent à la maison ; Dans leurs bagages ils ramènent d’Europe la grippe espagnole et les idéos de la révolution russe. De quoi bousculer une société en pleine mutation.

Alors que la première guerre mondiale s’achève, la crise économique et la misère frappe durement les États Unis, chômage et misère, mais aussi l’exemple de la révolution russe pousse les salariés tant vers la lutte collective et syndicale. Les plus radicaux se tourne vers l’anarchisme et le terrorisme. Les noirs américains sévèrement discriminés s’organisent également pour conquérir un statut plus enviable.

Sur cette toile de fond, Dennis Lehane dresse le portrait de deux personnages qui n’ont pas de raison apparente de se rencontrer, et qui mène leur propre chemin durant une bonne partie du roman.

C’est d’abord le destin de Luther, un jeune noir doué pour le baseball, qui part le fruit de circonstances extraordinaires va disputer une partie amicale contre une des équipes les plus fameuse du championnat. Une équipe uniquement composée de blancs. Et des blancs qui trichent pour gagner contre Luther et ses amis noirs. Cette expérience marquera Luther définitivement. Désabusé, il se retrouvera pourtant militant malgré lui.

C’est aussi Danny Coughlin et son père Thomas, d’origine irlandaise et dans la police tout les deux ; Si le père est un homme à poigne qui s’est bâti une solide réputation dans la police , son fils est plus idéaliste, plus entier ; envoyé infiltré les mouvements bolchéviques, il découvre la lutte collective et se découvre un talent de tribun. Son évolution va l’amener à prendre la tête de la révolte des policiers qui va complètement ébranler la ville.

Le croisement des destins de ses personnages permet à Lehane de dresser un portrait très intéressante de l’Amérique durant la période qui va de la fin de la première guerre mondiale, jusqu’à la période de la prohibition. Cette fresque historique ne manque pas de souffle et les sept cent pages du roman passent sans peine. Par contre l’absence du réelle intrigue manque un peu, et empêche de bien mémoriser le roman ; Quelques jours après avoir refermé le livre, il m’en reste guère plus que le souvenir de quelques heures agréables. C’est triste car cette fresque ne manque pas de souffle pourtant.

Quelques lignes...

Une semaine après leur mariage, Luther et Lila dénichèrent une petite maison près d’Archer Street, dans Elwood Avenue – une chambre et cabinets intérieurs -, et Luther bavarda avec des habitués du Gold Goose. l’académie de billard de Greenwood Avenue. qui lui conseillèrent d’aller demander du travail à l’hôtel Tulsa, de l’autre côté de la voie ferrée, en plein cœur du quartier blanc. « Là-bas, Pays, le fric tombe des arbres », dirent-ils. Luther, qui ne voyait pas d’inconvénient à ce qu’ils le surnomment « Pays », du moment qu’ils n’en prenaient pas l’habitude, se rendit à l’hôtel, où il discuta avec l’homme dont ils lui avaient donné le nom, un certain Byron Jackson. Le vieux Byron (tout le monde l’appelait « le vieux Byron », même ses aînés) était à la tête du syndicat des grooms. Il proposa à Luther de commencer par une place de liftier, par la suite, il aviserait.

C’est ainsi que Luther entama sa carrière dans les ascenseurs - des débuts modestes qui se révélèrent cependant être une véritable mine d’or, les clients le gratifiant de vingt-cinq cents presque chaque fois qu’il touchait la manivelle ou ouvrait la cage. Oh oui, Tulsa nageait dans l’argent du pétrole ! Les habitants conduisaient les plus grosses automobiles que Luther ait jamais vues, arboraient les chapeaux les plus impressionnants et les vêtements les plus raffinés, les hommes fumaient des cigares épais comme des queues de billard et les femmes sentaient bon le parfum et la poudre de riz. Les gens marchaient vite à Tulsa. Ils mangeaient vite dans de grandes assiettes et buvaient vite dans de grands verres. Les hommes se tapaient beaucoup dans le dos, se penchaient les uns vers les autres pour se glisser quelques mots à l’oreille puis rugissaient de rire.

Après le travail, grooms, liftiers et portiers retraversaient la voie ferrée pour rentrer à Greenwood et, encore galvanisés par des flots d’adrénaline. se réunissaient dans les salles de billard et les bars autour de First et d’Admiral Street, où ils buvaient, dansaient et parfois aussi se bagarraient. Certains se soûlaient à la Choctaw et au mauvais whisky ; d’autres planaient plus haut que des cerfs-volants grâce à l’opium ou, de plus en plus souvent, à l’héroïne.

Luther ne traînait avec eux que depuis deux semaines lorsqu’on lui demanda s’il aimerait se faire un petit extra, rapide comme il l’était. Et à peine la question avait-elle été posée qu’il se retrouvait à jouer les encaisseurs pour Skinner Broscious, surnommé « le Bedeau » parce qu’on le disait attentif à son troupeau et prompt à invoquer la colère du Tout-Puissant quand l’une de ses brebis s’égarait. D’après la rumeur, le Bedeau était un joueur originaire de Louisiane qui, après avoir décroché le gros lot et tué un homme le même soir - les deux événements n’étant pas forcément sans rapport -, avait débarqué à Greenwood avec les poches pleines et quelques filles dont il avait aussitôt proposé les services. Quand ces premières filles s’étaient mises en tête de travailler dans un esprit de partenariat, il leur avait offert à chacune une part du gâteau puis les avait chargées de recruter de nouvelles pouliches plus jeunes, plus fraîches et totalement étrangères à la notion de partenariat ; de son côté, il avait décidé d’étendre ses activités aux bars, aux loteries clandestines et au commerce de la Choctaw, de l’héroïne et de l’opium, de sorte que tout homme de Greenwood enclin à baiser. À se piquer, à boire ou à parier ne tardait pas à faire sa connaissance ou celle d’un de ses sbires.

Le dimanche 22 janvier 2012, par Angelina
Modification de l'article le : 2 novembre 2012.

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